Patrick Bizindavyi-GrandToronto-IJL
Un répit financier d’envergure s’annonce pour les familles de la province et de la région métropolitaine. Les gouvernements fédéral et provincial ont officialisé la prolongation de leur entente intergouvernementale sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants. Dans le cadre de ce nouvel accord étendu jusqu’en 2031, le gouvernement du Canada injectera près de 12 milliards de dollars supplémentaires en Ontario afin de pérenniser le réseau de garde agréé et de prémunir les parents contre toute hausse tarifaire imprévue.
Cette décision survient dans un contexte économique sous pression, marqué par un coût de la vie élevé pour les ménages urbains et une demande toujours aussi forte pour des places en service de garde accessibles.
Un refinancement de 12 milliards de dollars sur quatre ans
L’investissement de près de 12 milliards de dollars annoncé par Ottawa couvrira la période allant du 31 mars 2027 au 31 mars 2031. Ces capitaux viennent s’ajouter au cadre financier initial du Système national d’apprentissage et de garde des jeunes enfants amorcé en 2022.
Ce nouvel apport doit assurer la continuité des opérations dans les centres de la petite enfance et offrir aux exploitants une prévisibilité budgétaire accrue. Confrontés à une hausse des coûts d’exploitation et à d’importants défis de main-d’œuvre, plusieurs gestionnaires d’établissements attendaient un signal clair sur la continuité de l’aide publique.
Frais maintenus à 19 $ par jour jusqu’en juin 2027
Pour les ménages du Grand Toronto, la retombée directe de cet accord s’incarne dans la stabilité des tarifs. L’Ontario s’est engagée à maintenir les frais de garde moyens à 19 $ par jour pour l’ensemble des services agréés participants, et ce, au moins jusqu’au 30 juin 2027.
Cette mesure fixe un plafond temporaire qui protège le budget des familles face à l’inflation. Les experts s’accordent à dire que le plafonnement des coûts de garde demeure l’un des leviers les plus efficaces pour soutenir la participation des parents — en particulier des mères — au marché du travail régional.

« Cet investissement de près de 12 milliards de dollars démontre notre soutien continu envers les familles ontariennes », a indiqué la ministre fédérale de l’Emploi, du Développement des compétences et du Travail, Patty Hajdu, lors de l’annonce du renouvellement. « En stabilisant les coûts de garde, nous contribuons à alléger la pression financière sur les ménages tout en renforçant l’accès à un réseau de qualité. »
Vers les 10 $ par jour : les défis d’accès et de main-d’œuvre
Si la garantie d’un coût moyen de 19 $ par jour constitue une avancée importante, la cible initiale du programme pancadien demeure la mise en place de services à 10 $ par jour en moyenne. Les négociations ultérieures entre Queen’s Park et Ottawa devront définir les modalités financières permettant d’atteindre ce seuil d’ici la fin de l’entente en 2031.
Toutefois, dans la région du Grand Toronto, l’accès aux places reste un obstacle majeur. Les listes d’attente demeurent longues dans plusieurs municipalités et la pénurie de personnel qualifié freine l’ouverture de nouvelles places agréées. Les représentations syndicales et les intervenants du milieu de la petite enfance soulignent que la réussite à long terme du réseau exigera des efforts soutenus pour améliorer les conditions salariales des éducatrices et des éducateurs.
« Il est primordial de maintenir le cap sur l’objectif ultime des 10 $ par jour, mais il faut aussi s’assurer que des places soient réellement disponibles pour les familles qui en ont besoin », rappellent les spécialistes du secteur. « Le renouvellement du financement est une étape clé, mais la rétention de la main-d’œuvre qualifiée demeura le véritable test sur le terrain. »
En prolongeant cet accord jusqu’en 2031, Ottawa et Queen’s Park confirment que les services de garde abordables constituent un pilier central des politiques sociales et économiques de l’Ontario pour les années à venir.