Dans un contexte économique mondial marqué par la volatilité et les tensions commerciales, le milieu des affaires de l’Ontario fait preuve d’une résilience remarquable. Selon le tout dernier rapport publié par la Chambre de commerce de l’Ontario (Ontario Chamber of Commerce – OCC) en partenariat avec la Banque BMO et la firme Leger, la majorité des entrepreneurs font face à des vents contraires, mais ils n’attendent plus passivement. Au contraire, ils adaptent leurs stratégies, diversifient leurs marchés et affichent un optimisme en hausse par rapport à la fin de l’année précédente.
Une confiance en nette progression malgré les contraintes
Intitulé The Ontario Strong Paradox: Leadership Amidst Uncertainty, le rapport s’appuie sur un sondage mené entre le 27 juillet et le 17 août 2026 auprès de 851 entreprises réparties dans toute la province.
Les résultats révèlent une évolution frappante du moral des décideurs économiques. La confiance dans les perspectives économiques globales de l’Ontario est passée de 23 % en décembre 2025 à 34 % en août 2026. De plus, plus de la moitié des entreprises sondées (51 %) se disent confiantes quant à l’avenir spécifique de leur propre organisation.
Cette hausse de l’optimisme intervient pourtant alors que 57 % des entreprises anticipent que les tarifs douaniers, les incertitudes commerciales et la volatilité économique nuiront à leurs projets d’investissement et d’expansion. À l’inverse, 22 % des sondés déclarent ne subir aucun impact matériel venant des politiques commerciales américaines.
« Les incertitudes commerciales créent de vraies pressions pour les entreprises ontariennes, mais la pression n’entraîne pas la paralysie », souligne Daniel Tisch, président et chef de la direction de la Chambre de commerce de l’Ontario. « Les entreprises s’adaptent, se diversifient et prennent en main leur propre destin. Notre étude montre une communauté d’affaires préoccupée par l’avenir, mais de plus en plus confiante dans sa capacité à y naviguer. »
Diversification hors Amérique du Nord et ajustements tactiques
Pour faire face aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et aux politiques protectionnistes des États-Unis, les décideurs ontariens déploient une série de mesures proactives. L’enseignement majeur de l’étude réside dans l’effort de diversification engagé par une grande partie du secteur privé : 38 % des entreprises recherchent désormais des fournisseurs ou de nouveaux marchés au-delà des frontières traditionnelles des États-Unis et du Mexique, dont 14 % ont déjà concrétisé cette transition et 24 % sont actuellement en train de la réaliser.
Les chefs d’entreprise adoptent une variété de tactiques pour absorber ou contourner ces contraintes commerciales. L’augmentation des prix de vente s’impose comme la réaction la plus courante, retenue par 23 % des sondés pour éponger la hausse globale des coûts. D’autres privilégient un recentrage stratégique : 19 % des organisations ont réduit leurs échanges commerciaux direct avec les États-Unis, 18 % s’efforcent d’élargir leurs parts de marché au sein même du Canada, et 18 % supplémentaires se tournent vers la diversification de leurs sources d’approvisionnement.
Des disparités régionales et selon la taille des entreprises
L’impact des frictions commerciales se fait sentir de manière très inégalitaire à travers la province, reflétant la diversité des structures économiques régionales. Le Nord de l’Ontario se distingue en affichant les niveaux de confiance économique les plus élevés de la province. De son côté, l’Est de l’Ontario s’impose en chef de file en matière d’efforts de diversification des marchés et de recrutement de nouveaux fournisseurs hors des réseaux habituels.
À l’inverse, les entreprises situées dans le Centre et le Sud-Ouest de l’Ontario figurent parmi les plus touchées, enregistrant les retombées négatives les plus marquées sur leurs projets d’investissement. Cette vulnérabilité s’explique principalement par la forte concentration dans ces zones d’industries manufacturières, du secteur de la construction et de filières fortement exposées aux échanges internationaux.
Enfin, l’étude met en lumière un écart significatif selon la taille des structures. La crainte de voir l’incertitude freiner l’expansion ou les investissements ne concerne que 12 % des grandes entreprises, alors qu’elle frappe 41 % des très petites entreprises de moins de 10 employés, démontrant que les PME subissent ce choc économique de manière nettement plus aiguë.
Un appel à l’action pour soutenir l’économie provinciale
Face à ce constat, l’OCC rappelle que la détermination du secteur privé ne dispensera pas les gouvernements d’agir. L’organisation patronale demande aux pouvoirs publics de renforcer le climat d’investissement en Ontario en accélérant la diversification des marchés, en éliminant les obstacles réglementaires à la croissance et en investissant massivement dans les corridors commerciaux stratégiques.
« Les entreprises de l’Ontario s’adaptent, mais elles ne devraient pas avoir à le faire seules », conclut Daniel Tisch. « En soutenant les entreprises qui investissent en elles-mêmes, les gouvernements peuvent accélérer cette adaptation et offrir à l’Ontario un avantage compétitif durable à long terme. »
Informations pratiques
Pour consulter l’intégralité du rapport The Ontario Strong Paradox: Leadership Amidst Uncertainty, rendez-vous sur le site officiel de l’OCC.