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La Journée internationale du braille

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Entrevue avec Angela Bonfanti,

Vice-présidente d’INCA (anciennement l’Institut National Canadien pour les Aveugles)

Un petit pas pour Louis Braille, un grand pour l’humanité, le 4 janvier de chaque année, date de naissance de son inventeur, nous commémorons la création du Braille, ce système d’écriture tactile qui permet aux personnes aveugles et malvoyantes de pouvoir lire. Il n’avait que trois ans lorsqu’il est devenu aveugle et 15 ans plus tard, soit à l’âge de 18 ans, il donnait naissance à un ouvrage qui allait créer le braille. Choq FM a voulu marqué l’événement en consacrant une capsule audio à tous nos auditeurs qui, bien que malvoyants, peuvent nous entendre à travers nos ondes. Pour parler d’un monde plus inclusif à l’endroit des personnes aveugles, nous avons décidé d’inviter quelques acteurs majeurs du milieu.

Angela Bonfanti, vous êtes vice-présidente d’INCA. Vous êtes diplômée des universités de Harvard et de York et vous vous êtes démarquée dans le dialogue avec le gouvernement du Canada pour une meilleure prise en compte des populations marquées par la cécité ainsi qu’à travers les campagnes de levées de fonds destinées à leur venir en aide.

Le 1er décembre 2021, Statistiques Canada publie un rapport sur l’Enquête canadienne sur l’incapacité et montre que l’âge moyen d’apparition des incapacités visuelles est de 35 ans et 8 ans plus tard, les activités quotidiennes commencent à être plus limitées. Quelles sont les saines habitudes de vie à adopter pour éviter cette limitation des activités quotidiennes ?

INCA ne fait pas vraiment de prévention de la cécité, nous outillons plutôt ceux qui vivent avec une limitation visuelle à vivre la vie qu’ils souhaitent.

Le principal conseil qu’on peut donner c’est de consulter un optométriste régulièrement. La majorité des pertes de vision peuvent être prévenues ou guéries si elles sont détectées à temps.

Il est aussi conseillé de protéger vos yeux du soleil, de contrôler votre diabète, d’éviter le tabac, par exemple.

Il est surtout important de savoir qu’il est possible de vivre une vie épanouie avec des ressources. Par exemple, plusieurs technologies facilitent le quotidien des personnes aveugles. INCA est justement là pour outiller les personnes qui vivent avec une limitation visuelle.

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont un rôle décisif à jouer dans la vie quotidienne de personnes vivant avec un handicap visuel.

En effet, la technologie permet d’égaliser les chances des personnes aveugles ou ayant une vision partielle en facilitant grandement les tâches quotidiennes.

Il y a trois grandes catégories de produits ou technologies adaptés : parlants, à gros caractères et tactiles.

Par exemple, pour utiliser l’ordinateur ou le téléphone intelligent, un logiciel de revue d’écran qui lit ce qui est à l’écran et le grossissement sont très utiles. Les téléphones intelligents sont d’ailleurs des outils d’accessibilité tout-en-un. Ils remplacent par exemple un téléphone adapté, une montre parlante, un GPS parlant, un réveille-matin parlant, un identificateur d’objet, un lecteur de billet de banque, un détecteur de couleur, une dactylo braille, tout en facilitant la navigation sur Internet et les médias sociaux. Sans compter les nombreuses applications ! L’intelligence artificielle s’avère d’ailleurs utile pour notre communauté, puisqu’elle permet de reconnaître du texte, des personnes et des situations. Statistiques Canada estime que c’est 10% des Canadiens ayant une incapacité visuelle qui ont dû avoir recours à des appareils fonctionnels pour les aider dans leurs travaux. 10% le nombre semble faible. Comment faire en sorte que les personnes vivant avec une déficience visuelle soient plus nombreuses à avoir accès à ces appareils ? La technologie doit être proposée, accessible, et abordable. INCA milite pour un programme de produits adaptés national pour que chaque Canadien vivant avec une limitation visuelle puisse avoir accès à la technologie dont il a besoin. Par exemple, certaines provinces seulement offrent des technologies adaptées aux personnes légalement aveugles. Le souci, c’est que la liste des technologies est souvent désuète. Par exemple, même si les téléphones intelligents constituent une solution de communication et d’accessibilité tout-en-un et portative, ils ne sont pas remis, car les téléphones intelligents ne sont pas conçus spécifiquement pour les personnes aveugles. Aussi, plusieurs personnes qui vivent avec une limitation visuelle, qui ne sont pas légalement aveugles, bénéficieraient de ces produits pour faciliter leurs tâches quotidiennes. Sans l’aide gouvernementale, ces technologies sont souvent trop chères.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en 2018, nous avons créé notre programme Rendre l’appareil : afin de mettre des téléphones intelligents dans les mains des personnes aveugles. De plus, nous offrons une quinzaine d’heures de formation pour apprendre à exploiter leur plein potentiel. Puis nous avons lancé notre Centre Mieux Vivre, pour offrir plus de choix et de liberté à notre clientèle. Nos conseillers sont là pour aider les personnes à trouver la technologie qui répond le mieux à leurs besoins. Il est possible d’essayer les produits dans son environnement et de bénéficier d’aide financière. Nous faisons d’ailleurs une tournée en région pour que ceux qui pourraient bénéficier des produits sachent qu’ils existent ! Idéalement, nous aimerions que les gouvernements provinciaux révisent leur attribution de produits ou qu’un programme national soit mis en place pour que les personnes qui vivent avec une limitation visuelle ne dépendent pas d’un organisme comme INCA.

 « Le stress, la fatigue, les difficultés financières et les problèmes de santé mentale » pèsent énormément sur les épaules des parents ayant des enfants aveugles. Comment peut-on les aider ?

En fait, l’enjeu est surtout que les enfants aveugles ou ayant une basse vision ne reçoivent pas le soutien scolaire dont ils ont besoin pour exceller. Les parents font aussi état d’un manque flagrant de sensibilisation au sujet de la perte de la vision au sein des professionnels de la santé, ce qui entraîne un manque d’informations, de ressources et de conseils.

Notre but est de donner aux parents et aux enfants le soutien dont ils ont besoin pour que les enfants vivant avec une limitation visuelle ou ceux ayant un parent aveugle aient les mêmes chances que leurs camarades.

Par exemple nous souhaitons:

Mettre en œuvre un programme pour les enfants et les familles

Que les enfants bénéficient tous d’un dépistage oculaire complet et obligatoire avant d’entrer à l’école.

Que toutes les provinces adoptent des normes nationales d’éducation pour les étudiants ayant une limitation visuelle, et que tous les étudiants soient sensibilisés sur la perte de vision à l’école.

2 millions de Canadiens vivent avec une incapacité visuelle et ce chiffre va doubler dans les 25 prochaines années du fait du vieillissement de la population. Est-ce qu’il existe des moyens de faire de la prévention de la cécité auprès des personnes âgées et quel est le message d’espoir que l’on peut adresser à tous nos auditeurs vivant avec un tel handicap ?

Il est possible de vivre une vie épanouie avec une limitation visuelle. INCA est là pour vous outiller. Appelez-nous au 1 800 465-4622 ou visitez notre site web www.inca.ca.

Passez le mot, la cécité n’est pas une fatalité. Les principaux défis sont le manque d’accessibilité et les préjugés. Il faut changer ce que signifie être aveugle.

Plusieurs personnes pensent que parce qu’elles sont âgées, il est normal de perdre la vue et d’être limitées dans leur quotidien. Comme je le disais, plusieurs pertes de vision peuvent être prévenues ou guéries. Et même si on vit avec une limitation visuelle, des outils, des technologies et du soutien existent pour vous permettre de vivre la vie épanouie à laquelle vous avez droit.

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