Psychédélisme, Art, Culture et Science, l’exposition immersive s’invite au Royal Muséum de l’Ontario a partir du 6 juin 2026

Par Luann PINCEAU

Le Royal Museum de l’Ontario a ouvert ses portes le 6 juin 2026 à l’exposition Psychédélisme, Art, Culture et Sciences. Ces installations retracent l’histoire des psychédéliques de leurs origines religieuses à la répression qu’ils ont subi à la fin des années 60 et à un vif intérêt à son sujet ces dernières années.

La salle sombre est le point de départ de cette exposition, et nous imprègne directement dans l’atmosphère. Les sons et les bruits ressemblant à la nature s’inspirant presque d’une ambiance cosmique nous plongent dans une introspection avant de commencer ce long voyage. Les lumières, tantôt sombres tantôt criardes, nous font déjà l’effet de la prise d’un psychotrope.

Entree de l'exposition psychedelisme
Entrée de l’exposition Psychédélisme, Art, Culture et Science

L’exposition commence par l’inspiration que prend ce mouvement de la nature, les différentes plantes qui peuvent mener à ces états modifiés de conscience ; on y retrouve par exemple la trompette des anges reconnaissable à sa couleur jaune mais aussi pour ses effets psychédéliques hautement toxique et possiblement mortel. Dans la même veine, on y trouve nommer le peyotl, petit cactus originaire du Mexique connu pour être un hallucinogène puissant, mais aussi les Champignons Magiques, populaire à l’heure actuelle. Du côté de la faune maintenant, plusieurs animaux produisent des toxines aux effets psychédéliques, généralement présent sur leur peau, elles s’activent lorsque ces derniers se sentent menacés. Parmi les animaux les plus connus pour ces effets, le Crapaud de Sonora et la Salamandre tachetés. Ils font partie de ceux qui sont une menace pour leur prédateur.

Tableau de la faune et de la flore psychedelique
Installation de la faune et de la flore, célèbre pour leurs effets psychédélique

Plus loin dans le parcours, l’exposition propose un théâtre immersif, Lucie Chevalier, gestionnaire des services en français au Royal muséum de l’Ontario l’appelle “le voyage”. “Le début, lors de la prise du psychotrope, le plateau, lorsque l’on plane et enfin la descente”. Une expérience visuelle et auditive de trois minutes, créée par le studio d’art visuel Irregular de Montréal, l’objectif montrer l’effet de la prise d’un psychotrope. Toutefois Lucie Chevalier l’affirme, “ce n’est pas pour tout le monde, surtout pour ceux qui ont du mal avec les jeux de lumière”.

En continuant, on découvre l’usage des psychédéliques à travers les âges, les cultures et les religions. Utilisés pour communiquer avec le divin selon les croyances, les psychotropes était aussi au centre de cérémonies et de rituels. Par exemple, les Huichol, peuple autochtone du Mexique, font chaque année un pèlerinage de plus de 800 km depuis la Sierra Madre Occidentale jusqu’à Wirikuta pour la récolte du peyotl. Pour la traversée, il se parent d’un costume coloré, de leurs gourdes contenant un breuvage de maïs fermenté et des flèches de prières à plume adressées au soleil et à d’autres divinités.

Costumes et accessoire du pelerinage
Costume et accessoire avec lesquels le huichol partent en pèlerinage

L’histoire du psychédélisme a beaucoup influencé, la pop culture moderne, des pochettes d’album connu comme celle des Pink Floyd pour The dark side of the moon, ou encore
l’œuvre de Martin Sharp au sujet de Jimi Hendrix. Le psychédélisme a aussi beaucoup influencé le style vestimentaire des années 60, faisant exploser des couleurs plus que flashy pour l’époque. Cependant, malgré l’évolution qu’a amené le psychédélisme sur le plan culturel, l’usage des psychotropes s’accompagnent de contestation et d’image représentant la réalité selon le prisme des artistes. Mais ça, les autorités ne le voient pas du même œil.

style psychedelic
Inspiration psychédélique du style des années 60, images des autorités face aux psychotropes

Psychédélisme et Politique

Au mois de juin 1971, le président des États-Unis en exercice Richard Nixon, déclare “la guerre contre la drogue” et classe les psychédéliques comme le LSD et la psilocybine comme ennemi public numéro 1.Cette classification les définit comme hautement dangereux et sans usage médical reconnu, ce qui stoppe net la recherche psychiatrique et thérapeutique. Aujourd’hui, les substances psychédéliques ravivent l’intérêt du public et ce notamment dans le domaine de la médecine. Les médecins n’hésitent pas à faire des demandes d’accès à l’utilisation des psychédéliques dans le cadre du Programme d’accès spécial (PAS) de Santé Canada à des fins de psychothérapie assistée par des psychédéliques. Cette exposition revient sur l’origine culturel et historique de ce que sont les psychédéliques à travers un parcours immersif d’œuvres d’art, d’objets et d’expériences interactives.

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