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Mois de la santé au travail au Canada 2022: Entrevue avec Madame Aline Ayoub

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Entrevue avec Madame Aline Ayoub, présidente et Chef de la direction Aline Ayoub HR Consulting

Sianko : Aline Ayoub, en ce mois de la santé au travail, la coopérative radiophonique de Toronto a décidé de se pencher quelques instants sur votre organisation. Responsable des ressources humaines expérimentée et dévouée pour sa communauté francophone, vous êtes consultée régulièrement à titre professionnel, comme à titre de bénévole sur les questions touchant l’épanouissement des employés au travail. Il y a plusieurs façons simples mais efficaces pour faire progresser la santé au travail et parmi toutes ces manières figurent aussi la possibilité de vous exprimer sur nos ondes pour présenter votre organisation, son but, ses réalisations et ses projets et ainsi vous faire mieux connaître auprès du public. Pouvez nous offrir un bref historique d’Aline Ayoub HR Consulting, de ses débuts jusqu’à nos jours ?

Aline Ayoub : L’entreprise a été fondée en 2011. Nous sommes membre de l’ordre professionnel des ressources humaines. Nos services conseils sont principalement offerts aux PME issues du secteur privé et public. Nous les aidons à accroître leur efficacité en leur fournissant des solutions axées sur leurs besoins de gestion des ressources humaines.

Plus spécifiquement, nos services incluent : la planification stratégique ; la formation ; l’élaboration d’une culture d’entreprise qui favorise la rétention du personnel et le développement des employé.es ; la réorganisation du travail ; la structure organisationnelle ; l’élaboration de politiques ; la communication.

La résurgence de la pandémie a eu un impact majeur sur la société en général et sur le marché du travail en particulier. Nous avons accompagné notre clientèle à gérer les ressources humaines dans un marché volatile et imprévisible. Un marché qui a eu un impact majeur sur la santé mentale des employé.es et le monde traditionnel de travail.

Sianko : L’association des communautés francophones de l’Ontario à Toronto ou encore l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario ont eu la chance de vous avoir comme bénévole. Vous êtes actuellement accompagnatrice pour les entrepreneurs dans la gestion de leur personnel, en leur offrant des solutions de rétention, de compensation et de formation ? Une première question me vient à l’esprit : comment retient-on un salarié aujourd’hui ?

Aline Ayoub : La pyramide est inversée. C’est l’employé.e qui prédomine. Les employé.es ont changé.es suite à la pandémie. La famille, les ami.es leur style de vie a pris tout un autre sens. Or, l’employeur se doit de tenir compte de ces changements. Il doit tenir compte autant de la vie personnelle que de la vie professionnelle de l’employé.e.

Il est important d’offrir un milieu de travail sécuritaire. C’est-à-dire suivre les normes sanitaires en vigueur. Communiquer vos politiques, former vos employé.es et traiter les cas réfractaires au retour au travail en personne en répondant à leurs préoccupations. Quitte à élaborer un retour en personne graduel.

Le télétravail est là pour rester. L’employé.e a eu le temps d’évaluer le temps de transport pour se rendre au travail ainsi que le temps supplémentaire qu’il ou elle est prêt.e à faire. Or. l’employeur se doit de structurer le travail en fonction du télétravail. Ceci veut dire s’assurer d’une communication constante et transparente, déterminer clairement les attentes ainsi que les échéanciers, bref, mesurer la productivité des employé.es non pas en fonction des heures travaillées mais en fonction des résultats.

Un autre élément important de rétention est la reconnaissance des employé.es. Dire ‘merci pour ton travail’ n’est pas suffisant. Reconnaitre le travail de ses employé.es, c’est citer explicitement ce qui a été bien fait et reconnaitre l’employé.e non pas d’une manière automatique mais fondé sur un exemple concret.

Finalement, bien communiquer la raison d’être du travail de l’employé.e en leur donnant un sens à ce qu’ils font et en valorisant la réalisation des objectifs.

Sianko : Offrir un environnement sécuritaire à tous les hommes et à toutes les femmes francophones ainsi qu’à leurs enfants aux prises avec la violence physique ou verbale, essentiellement à travers la prévention et la sensibilisation est un défi majeur. En qualité de conseillère en ressources humaines, avez-vous connu des situations où, en dépit de la sensibilisation et de la prévention, des femmes vous ont appelé pour vous faire état de cas manifestes de violences verbales ou physiques, au travail ou à la maison ? Comment peut-on réagir concrètement pour soustraire l’individu de ce type d’agressions et rétablir sa confiance d’abord personnelle et ensuite en son milieu de travail après la survenance des faits ?

A.A. : Malheureusement, il existe des situations de violence au travail. J’ai constaté que l’atmosphère de travail, peut accroître le risque de violence. Lorsque le moral des employé.es est à son plus bas et que des individus ou des groupes souffrent de détresse en raison de changements effectués en milieu de travail, ces situations peuvent alimenter la rage chez certaines personnes, au point de la transformer en agression. Souvent, ce sont les femmes qui sont les plus vulnérables.

Ce qui est important c’est de parler de violence au travail. D’en faire un sujet récurrent plutôt que d’en parler seulement lorsqu’une situation de violence se produit. Il est important d’encourager les femmes et les hommes à parler des problèmes qu’ils et elles rencontrent au travail. Il est aussi important de bien déterminer le processus de dénonciation et de bien spécifier qu’il n’y aura pas de rétribution. Au contraire, les mesures qui seront prises seront des solutions dans le but d’éviter que ces situations de violence se reproduisent.

Ayez une politique qui définit la violence, les procédures de prévention, les conséquences d’un comportement menaçant ou violent, et expliquez le processus de signalement ainsi que les procédures d’enquête et de résolution des plaintes.

Il est important de bien soutenir la personne qui a subit la violence en la dirigeant vers les ressources. Par exemple ces ressources d’aide :http://violencetravail.criusmm.net/ressources/#:~:text=Le%20Groupe%20d’aide%20et,de%20harc%C3%A8lement%20sexuel%20ou%20psychologique.

Informez l’employé.e que vous faite enquête. Sympathisez avec elle. Faite lui part des résultats. Ce sont des éléments qui vont aider à rétablir la confiance de l’employé.e envers l’employeur.

Sianko : Toute association veut défendre les droits des membres de sa communauté francophone en Ontario. Pouvez vous nous donner quelques exemples de ces droits, qu’ils soient politique, culturelle et économique et des exemples concrets de la manière dont vous les avez défendu ?

A.A. Tous nos services sont offerts en français et en anglais. Tous nos clients francophones se font servir en français. Que ce soient des formations, développement de politiques, communication.

Dans les entreprises anglophones qui doivent traiter avec des employé.es francophones, nous nous assurons de collaborer avec ces employeurs et devenons les interlocuteurs de leurs employé.es francophones. Notre clientèle du secteur public est pour la plupart francophone.

Sianko : Enfin la question du financement. Toute association se veut mobiliser les ressources nécessaires pour faire face à ses défis et à ses objectifs ? Quelle est l’expérience de mobilisation des ressources financières la plus réussie que vous souhaitez partager avec nos auditeurs qui vous écoutent et dont certains font aussi face particulièrement en cette période d’inflation?

A.A. Un bon plan d’affaire est important afin d’obtenir du financement. Bien articuler les leviers de l’entreprise, les revenus anticipés, etc… Plusieurs organismes travaillent pour aider les entrepreneurs.

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