À Toronto, Le Labo entame le mois d’avril avec une programmation qui reflète bien son identité hybride, à la croisée de la création contemporaine, de la diffusion et de la rencontre entre artistes. L’organisme annonce à la fois l’accueil d’une nouvelle performance dans son studio du 401 Richmond, l’arrivée prochaine d’un deuxième épisode de son podcast Matières douces diffusé à la radio, ainsi qu’une série d’initiatives qui témoignent d’un printemps de transition pour sa communauté artistique.
Une performance attendue au Studio 277
Le principal rendez-vous du mois est prévu le 12 avril, alors que Le Labo accueillera l’artiste interdisciplinaire Anouk Verviers au Studio 277, dans le cadre du Images Festival. Sa performance, intitulée we felt our cells tumble, cluster, and creep, s’inscrit en écho à son plus récent film, The world was always full of us. Selon la présentation diffusée par l’organisme, l’œuvre explore l’épuisement des corps féminins et non binaires, tout en abordant des pratiques de soin, de parenté et de résistance. Le rendez-vous est fixé de 13 h à 14 h au 401 Richmond Ouest.

Le Labo rappelle aussi le parcours d’Anouk Verviers, décrite comme une artiste, performeuse et chercheuse développant une pratique à la fois socialement et écologiquement engagée entre Montréal et Londres. Son travail navigue entre film, vidéo, performance et installation, souvent dans un esprit collaboratif. L’organisme souligne d’ailleurs que son approche expérimentale vient bousculer les attentes imposées par les systèmes de pouvoir, ce qui donne à cette présentation une portée à la fois artistique et politique.
Le balado Matières douces se poursuit sur CHOQFM 105.1
Autre axe important de ce mois d’avril: le développement du podcast Matières douces. Le Labo annonce l’arrivée prochaine du deuxième épisode de cette série, qui prendra cette fois la forme d’une flânerie dans le cadre du festival Contact. Au micro, Dyana et Gabriel aborderont notamment l’art public, la lenteur et l’environnement urbain, avec en toile de fond une pluie susceptible de tout déstabiliser.

Au-delà de ce simple nouvel épisode, Matières douces semble s’affirmer comme un prolongement important de la réflexion menée par Le Labo ces derniers mois. Le podcast explore les liens entre création artistique, ralentissement et écoresponsabilité, en donnant la parole à des artistes et à des commissaires qui s’interrogent sur notre manière d’habiter le monde. L’initiative, diffusée sur les ondes de CHOQFM 105.1, relie ainsi la pratique artistique à des enjeux plus larges, qu’il s’agisse de lecture, de marche, d’exposition ou de collaboration. L’infolettre précise aussi que le projet a été imaginé par Dyana Ouvrard et nourri par des rencontres menées depuis 2024 autour des pratiques artistiques conscientes, de la durabilité et de l’écoresponsabilité.
Un espace en transformation
Ce mois d’avril est aussi présenté comme un moment charnière dans la vie interne de l’organisme. Dans son mot d’introduction, l’équipe du Labo évoque la réouverture prochaine du toit au 401 Richmond, signe du retour des beaux jours, mais surtout l’évolution en cours de son propre espace. La rénovation du studio se poursuit, avec encore des cartons un peu partout, tandis que l’équipe dit se réorganiser peu à peu pour donner vie à un nouvel espace de création. Le grand nettoyage de printemps serait d’ailleurs sur le point de s’achever.
Cette dimension plus concrète et quotidienne n’est pas anodine. Elle montre un Labo en mouvement, qui ne se contente pas de programmer des événements, mais qui repense aussi les conditions d’accueil, de travail et d’échange au sein de son studio. L’équipe rappelle d’ailleurs que le Studio 277 reste un lieu ouvert pour échanger, travailler ou simplement partager un café, ce qui renforce l’image d’un espace de proximité au service de la communauté artistique francophone et francophile de Toronto.
Des artistes mis en lumière
L’organisme met enfin en avant plusieurs artistes liés à son réseau. Parmi eux figure Paul Ruban, écrivain, traducteur littéraire et scénariste franco-ontarien, qui partage son temps entre le Canada et l’Allemagne. Le Labo souligne qu’il a récemment écrit le scénario de Denise sans Denis, une comédie noire manitobaine-québécoise attendue en salle en 2027.

Le Labo braque aussi les projecteurs sur Antoine Quiet, photographe basé à Toronto et membre de l’organisme. S’appuyant sur son expérience en production télévisuelle, celui-ci développe une pratique tournée vers les portraits et la photographie de rue. Le courriel rappelle également son travail récent autour de la restauration et de la préservation des films de son père, le cinéaste centrafricain Joseph Akouissonne. Antoine Quiet était d’ailleurs associé à la projection de Josepha (1975), organisée en partenariat avec BAND.
En ce début de printemps, Le Labo donne ainsi l’image d’un organisme en pleine activité, à la fois tourné vers la diffusion, la réflexion et la transformation de son propre lieu. Entre performance, balado et réorganisation de son studio, avril s’annonce comme un mois de relance et de circulation des idées au 401 Richmond.
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