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Retour sur la journée internationale de la femme rurale, entrevue avec Agriculture et Agroalimentaire Canada

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Il ne peut y avoir une complète éradication du fléau de la faim sans une participation majeure et accrue des femmes dans cette lutte.

Seule une politique en faveur de l’égalité des sexes permettra de renforcer la prise de conscience de l’importance des femmes dans notre société et avec cette prise de conscience, en faire des acteurs majeurs de la lutte contre la faim. C’est dans cet esprit que la journée internationale de la femme rurale a été instituée par l’Assemblée Générale des nations unies, en sa résolution 62/136 du 18 décembre 2007. Au départ nommée journée internationale des femmes paysannes, elle est rebaptisée journée internationale des femmes rurales, avec comme objectif de renforcer l’autosuffisance alimentaire en mettant de l’avant le rôle du secteur rural. Selon le ministère du développement économique rural, le PIB du Canada est soutenu à hauteur de 30% par les collectivités des régions rurales, côtières et nordiques. Améliorer les compétences des femmes rurales canadiennes, financer leurs infrastructures et leurs entreprises en cette période particulière de sécheresse et de crise alimentaire mondiale pour en faire les nouvelles gardiennes de la survie de l’humanité, c’est ce qu’il convient de voir ensemble dans le cadre de cette entrevue, avec son homologue canadien, Agriculture et agro alimentaire Canada, une entrevue menée par notre chroniqueur Sianko Sambou.

Question : Quelles sont les mesures mises en place pour encourager la main-d’œuvre visant à aider les femmes rurales pendant les périodes de culture ou de récoltes des denrées de première nécessité au Canada?

Agriculture et agroalimentaire Canada : La diversité et l’inclusion sont essentielles à la création d’une économie qui fonctionne pour tous. Des perspectives et des idées diversifiées sont nécessaires pour exploiter les possibilités et relever les défis auxquels le secteur agricole est confronté. Des études ont montré qu’une main-d’œuvre plus diversifiée et plus inclusive entraîne une augmentation de la production, de la rentabilité et de l’innovation, et une meilleure gestion des risques et prise de décision, et pourrait également favoriser une plus grande vitalité rurale. En fait, en faisant progresser l’égalité des sexes et la participation des femmes à l’économie, on estime que le Canada pourrait ajouter jusqu’à 150 milliards de dollars au PIB. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour s’assurer que ces diverses voix sont entendues, afin de mieux comprendre et d’éliminer les obstacles au renforcement de la diversité et de l’inclusion. AAC continue de s’efforcer de créer un secteur inclusif en soulignant l’importance de mieux soutenir les groupes sous-représentés et marginalisés qui font partie de la chaîne de valeur agricole canadienne ou qui cherchent à y entrer.

Des efforts ont déjà été faits pour faire progresser une économie diversifiée et inclusive, comme la réduction de l’écart salarial entre les sexes et l’augmentation de la participation des groupes sous-représentés et marginalisés dans la population active. Pour faire évoluer les choses, nous devons veiller à ce que les gens disposent des bons outils pour réussir et participer pleinement au secteur et à l’économie. Cela nous permettra de mieux saisir ces occasions, de créer de bons emplois, de soutenir la vitalité rurale et de contribuer à la compétitivité et à la prospérité du secteur.

Parmi ces outils existants, citons la Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat (SFE), qui représente plus de 6 milliards de dollars d’investissements et d’engagements, et qui vise à accroître l’accès des entreprises détenues par des femmes au financement, aux talents, aux réseaux et à l’expertise dont elles ont besoin pour démarrer, se développer et accéder à de nouveaux marchés. Dans le cadre de la SFE, Financement agricole Canada dirige le programme Femme entrepreneure, qui vise à appuyer les femmes entrepreneures du secteur agricole et alimentaire en leur fournissant le capital dont elles ont besoin pour faire croître leur entreprise, ainsi que les possibilités de perfectionnement des compétences qu’elles recherchent. De plus, AAC dirige le programme Agri-diversité, qui aide les groupes sous-représentés et marginalisés de l’agriculture canadienne à participer pleinement au secteur et à s’attaquer aux principaux problèmes et obstacles. D’autre part, le Budget de 2021 propose de nouveaux investissements totalisant jusqu’à 30 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années dans l’apprentissage et la garde des jeunes enfants. Conjugué aux investissements précédents, un montant minimum de 9,2 milliards de dollars par an en fonds permanents sera investi dans les services de garde d’enfants à partir de 2025-2026. Ces investissements permettront de soutenir les femmes, y compris celles qui travaillent dans l’agriculture, et de réduire les exigences qui leur sont imposées dans l’économie des soins.

Question : Le Canada dispose-t-il d’un programme de financement des technologies déployées pour permettre de fournir une alimentation de qualité aux femmes rurales canadiennes, par exemple les technologies visant à maximiser l’utilisation efficiente de l’eau en cette période de sécheresse, le financement des transports de marchandises, le recyclage des résidus de l’agriculture pour la fabrication de l’engrais?

Agriculture et agroalimentaire Canada : L’amélioration de la sécurité alimentaire est une priorité pour le gouvernement du Canada qui nécessite une collaboration entre plusieurs ministères et organismes fédéraux. En 2019, nous avons lancé la toute première Politique alimentaire du Canada.

La Politique alimentaire soutient les travaux visant à créer des systèmes alimentaires plus sains et plus durables et à améliorer l’accès économique, social et physique à la nourriture au moyen de diverses initiatives. Le Fonds des infrastructures alimentaires locales est une initiative sur cinq ans, dotée de 60 millions d’euros pour soutenir les projets communautaires qui améliorent l’accès à une alimentation sûre, saine et adaptée à la culture. Le gouvernement a également lancé le Défi de réduction du gaspillage alimentaire, doté de 20 millions de dollars, afin d’accélérer et de faire progresser des solutions diversifiées et à forte incidence pour lutter contre le gaspillage alimentaire au Canada.

En plus de la Politique alimentaire, le gouvernement a lancé le Fonds d’urgence pour la sécurité alimentaire et le Programme de récupération d’aliments excédentaires au début de la pandémie de COVID-19, qui ont fourni 380 millions de dollars (respectivement 330 M$ et 50 M$) pour aider les banques alimentaires canadiennes et d’autres organismes nationaux de récupération d’aliments à répondre aux besoins immédiats des personnes souffrant d’insécurité alimentaire au Canada en raison des répercussions économiques de la pandémie.

De plus, en juillet 2022, les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) de l’Agriculture ont conclu un accord de principe sur le Partenariat canadien pour une agriculture durable. Ce nouvel accord quinquennal permettra d’injecter 500 millions de dollars de nouveaux fonds à coûts partagés, ce qui représente une augmentation de 25 % de la portion à coûts partagés du partenariat. Le nouvel accord comprend des objectifs plus rigoureux, tels qu’une réduction de 3 à 5 MT des émissions de gaz à effet de serre, l’augmentation de la compétitivité, des revenus et des exportations du secteur, et une participation accrue des peuples autochtones, des femmes et des jeunes.

Pour ce qui est du financement à coûts partagés, les ministres ont convenu en principe d’octroyer 250 millions de dollars au Programme pour des paysages agricoles résilients (PPAR) pour soutenir les biens et services écologiques offerts par le secteur agricole. Sur les 250 millions de dollars, 150 millions de dollars seront financés par le gouvernement fédéral, tandis que les 100 millions de dollars restants proviendront des provinces et des territoires. Le PPAR sera établi sur la base de principes cohérents à l’échelle nationale, adaptés aux conditions et aux besoins régionaux, ses coûts seront partagés et il sera administré par les provinces et les territoires.

Question : Avec la hausse des denrées alimentaires, quelles sont les mesures prises par le Canada pour soutenir les femmes rurales dans ce pays, mais aussi celles vivant dans d’autres zones, hors du Canada? Ce programme de financement est-il offert à travers l’aide publique au développement?

Agriculture et agroalimentaire Canada : Le gouvernement du Canada est résolu à veiller à ce que les Canadiens aient accès à des aliments nutritifs et de grande qualité. Le gouvernement surveille de près les prix des denrées alimentaires et reconnaît les préoccupations exprimées par les consommateurs. Nous nous efforçons d’assurer un marché équitable et nous continuons de collaborer avec les autres ministères fédéraux, les provinces, les territoires et l’industrie pour faire en sorte que nos chaînes d’approvisionnement alimentaire soient durables et résilientes.

Une chaîne d’approvisionnement alimentaire saine contribue de manière importante à l’économie canadienne. Le gouvernement s’efforce de renforcer les systèmes alimentaires du Canada, qu’il s’agisse d’améliorer l’accès à des aliments sains et culturellement diversifiés, d’assurer une production et une transformation durables des aliments, de soutenir une solide infrastructure alimentaire locale ou de réduire le gaspillage alimentaire.

Question : Selon la revue Option politique, au Canada, malgré les efforts déployés jusqu’à ce jour, il convient de remarquer que l’égalité entre les hommes et les femmes est mieux appliquée dans le domaine de l’éducation et du secteur social que celui de l’environnement ou encore de l’agriculture. Quelles sont les mesures mises en place par le Canada pour corriger ce problème? Existe-t-il des programmes de bourses pour les femmes qui sont dans le secteur rural et qui souhaitent développer leurs compétences en matière agricole?

Agriculture et agroalimentaire canada : L’égalité des genres et la diversité sont des éléments fondamentaux de la création d’un pays prospère et florissant qui reflète les valeurs canadiennes et réalise son potentiel. Lorsque chaque Canadien a la possibilité de réussir, toute la population en profite.

AAC dirige le programme Agri-diversité qui aide les groupes sous-représentés dans l’agriculture canadienne à participer pleinement au secteur et à s’attaquer aux principaux problèmes et obstacles. De plus, certaines provinces et certains territoires ont des programmes à frais partagés qui mettent l’accent sur les besoins particuliers des jeunes, des femmes et d’autres groupes traditionnellement sous-représentés. Il s’agit notamment de soutenir les activités visant à renforcer la confiance du public dans l’agriculture par l’éducation et la sensibilisation au secteur agricole et de soutenir le développement des compétences entrepreneuriales.

En outre, dans le budget de 2021, nous proposons d’investir dans une reprise féministe et inclusive, et nous nous efforçons de lutter contre les inégalités entre les sexes et la discrimination systémique sur le marché du travail, notamment dans le secteur agricole. Les mesures clés sont les suivantes.

  • Soutenir les femmes, les Canadiens noirs, les peuples autochtones et les autres entrepreneurs sous-représentés qui font face à des obstacles lorsqu’ils souhaitent lancer ou acquérir des entreprises au moyen d’investissements pour rehausser des initiatives comme le Programme pour l’entrepreneuriat des communautés noires, la Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat et le Programme d’entrepreneuriat autochtone.
  • Mettre à la disposition un financement pouvant atteindre 450 millions de dollars, selon la comptabilité de caisse, pendant une période de cinq ans à compter de 2021-2022, pour le renouvellement de l’Initiative de catalyse du capital de risque, qui augmentera le capital de risque offert aux entrepreneurs. De ce montant, 50 millions de dollars appuieraient un nouveau volet de croissance inclusive visant à améliorer l’accès au capital de risque pour les groupes sous-représentés, comme les femmes et les communautés racisées.
  • Offrir 15 millions de dollars sur deux ans, à compter de 2021-2022, à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour prolonger l’Initiative pilote pour les nouvelles arrivantes racisées, laquelle continuera d’améliorer les résultats de celles-ci au niveau de l’emploi et de l’avancement professionnel.
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