Ce samedi, de 11h30 à 17h30, le George Chuvalo Community Center ouvrira ses portes aux ateliers : « Fierté identitaire : Histoire de rois et de reines » et « Personal-branding & Storytelling ».
Faire vivre l’histoire, partir en quête de ses racines et embrasser un héritage de toute beauté : ce sont des forces précieuses et trop souvent ignorées que transmet le Centre de l’identité et de la Culture Africaines (CICA), dont le Programme de Mentorat est à la tête du projet.
Destinés aux jeunes francophones afrodescendants, les ateliers interactifs du 18 juillet reflètent la réalité de ces derniers, sans fioritures et sans désillusions. De pouvoir s’identifier à ces situations quotidiennes et de fortifier la confiance des participants sont au cœur de la mission du CICA.
« À l’issue de chaque atelier, nous souhaitons que les jeunes repartent avec des connaissances concrètes et des outils pratiques, qu’ils aient déconstruit certaines idées reçues ou perceptions limitantes, et qu’ils soient davantage conscients de leur potentiel. Plus encore, nous désirons qu’ils repartent inspirés, impactés, encouragés et motivés à passer à l’action, avec une plus grande confiance en eux, un sentiment d’appartenance à leur communauté et la conviction qu’ils peuvent devenir des leaders et des acteurs de changement dans la société », annonce Sandra Adjou Akiremy, organisatrice du projet.

Sandra Adjou Akiremy
Photo : Evans Baffour, Jackie Beffy, CICA
Sandra Adjou Akiremy : vers un monde meilleur
Fondatrice du CICA, Sandra Adjou Akiremy se bat contre les stéréotypes, la disrimination et les perceptions négatives associées aux personnes d’origine africaine. Cette nouvelle initiative s’inscrit dans la mission de cette dernière : instruire les jeunes sur leur histoire, leur identité et leurs valeurs.
Veuillez noter que suite à une correspondance avec la fondatrice, les réponses passionnées et inspirantes de Sandra Adjou Akiremy seront retranscrites dans cet article.
Deux ateliers, deux mentors, une mission
« Fierté identitaire : Histoire de rois et de reines »
Cet atelier mené par Elykiah Doumbe, fondatrice du Mouvement pour l’Inclusion des Communautés Racisées de l’Ontario (MICRO), est un voyage culturel et identitaire qui fait du storytelling un véritable pouvoir. Retraçant le parcours de modèles historiques ayant marqué l’Afrique, Elykiah Doumbe transmet un héritage de grandeur qui n’en a pas fini de briller.

De quelle manière l’histoire de ces jeunes sera-t-elle racontée ?
SANDRA ADJOU AKIREMY : Au CICA, nous souhaitons raconter l’histoire des jeunes afrodescendants de manière juste, authentique et sans biais.
Pendant trop longtemps, le récit de l’histoire des personnes afrodescendantes a été raconté principalement sous l’angle de l’esclavage, de la colonisation ou des difficultés, et bien souvent par d’autres. Il est essentiel aujourd’hui de redonner toute sa place à une histoire complète, nuancée et fidèle à la réalité.
Notre approche consiste à présenter les faits avec rigueur, tout en mettant en lumière les nombreuses contributions, les réussites, les innovations, les modèles inspirants et les héritages culturels qui ont longtemps été méconnus ou insuffisamment valorisés.
Nous croyons qu’une meilleure connaissance de son histoire permet à un jeune de mieux comprendre son identité, de développer sa fierté, de renforcer son estime de soi et de croire davantage en son potentiel.
Notre objectif n’est pas de réécrire l’histoire, mais de la raconter dans toute sa vérité, afin que les jeunes puissent se construire sur des fondations solides, avec confiance et fierté.
Pouvez-vous nous donner quelques exemples de modèles qui seront mis en avant lors de cet atelier ?
SANDRA ADJOU AKIREMY : Il est vrai que nous avons déjà reçu et validé le contenu de l’atelier qui sera animé par notre mentore, Elykiah Doumbe. Toutefois, permettez-moi de garder un peu de suspense! Ce que je peux vous dire, c’est que les jeunes découvriront des figures inspirantes de l’histoire afrodescendante, dont les parcours, les réalisations et les contributions permettront de mettre en lumière l’excellence, le leadership, la résilience et l’innovation. L’objectif est de leur faire découvrir des modèles auxquels ils pourront s’identifier et qui renforceront leur confiance en eux ainsi que leur sentiment de fierté.
Je peux vous faire une promesse : cet atelier sera à la fois enrichissant, inspirant… et extraordinaire!

« Personal-branding & Storytelling »
Animé par Joe Tamko, conseiller stratégique en communication et fondateur de NGU, cet atelier vise à révéler tout le potentiel caché des jeunes, pour les encourager à élever leurs voix et saisir toutes les opportunités que l’avenir leur offriront.
Sur quels critères comptez-vous vous baser pour renforcer la confiance des jeunes ?
SANDRA ADJOU AKIREMY : Pour nous, renforcer la confiance en soi ne repose pas sur un seul facteur, mais sur un ensemble d’éléments qui se complètent et se renforcent mutuellement.
Cela commence par la connaissance de son histoire, de sa culture et de son identité, afin que les jeunes développent un sentiment de fierté et d’appartenance. Nous mettons également l’accent sur la connaissance de soi, l’estime de soi et le développement du caractère, qui constituent les bases d’une confiance solide et durable.
Enfin, nous croyons que la confiance se construit aussi par l’acquisition de compétences concrètes. C’est pourquoi nos ateliers abordent des thèmes tels que l’autonomie, la littératie financière, le leadership, la communication, les comportements en société, le mentorat et d’autres habiletés essentielles qui permettent aux jeunes d’être mieux préparés aux défis de la vie.
Notre objectif est qu’ils repartent non seulement plus confiants, mais aussi mieux outillés pour réaliser leur plein potentiel et devenir des leaders capables de contribuer positivement à leur communauté et à la société.

La philosophie Ubuntu
Entre convictions et transmissions, Elykiah Doumbe animera son atelier autour d’un concept synonyme d’humanité et de partage : la philosophie Ubuntu.
« Je suis parce que nous sommes » en est sa signification principale. Cette philosophie axée sur le vivre-ensemble, l’empathie et la solidarité en rassemblera plus lorsque viendra l’heure de découvrir les richesses du patrimoine africain.
Racisme mais espoir : la réalité derrière les ateliers
À travers ces ateliers, le CICA nous invite aussi à réfléchir aux stéréotypes ainsi qu’aux pratiques discriminatoires à Toronto, au Canada, et dans le monde. Entre héritage, culture et identité, Elykiah Doumbe et Joe Tamko promettent de ne pas nous y laisser indifférents.
De quelle manière chacun peut-il s’impliquer afin de contrer les enjeux liés aux préjugés, à la discrimination et au racisme au Canada ?
SANDRA ADJOU AKIREMY : Nous avons tous un rôle à jouer, quel que soit notre âge, notre profession ou notre sphère d’influence. Le changement commence par chacun de nous.
Concrètement, cela signifie être prêt à dénoncer les injustices, à corriger les préjugés lorsqu’ils se manifestent et, surtout, à veiller à ne pas reproduire soi-même des comportements discriminatoires, qu’ils soient conscients ou inconscients.
Cela demande également un véritable travail d’introspection. Nous devons régulièrement examiner nos attitudes, nos paroles et nos actions, remettre en question nos biais et choisir d’agir avec intention, respect et équité.
Enfin, chacun peut devenir un modèle positif dans son milieu de vie. Par nos gestes, notre ouverture, notre capacité à créer des espaces inclusifs et à valoriser les différences, nous avons le pouvoir d’influencer notre entourage et de contribuer à bâtir une société plus juste, plus inclusive et plus respectueuse de la dignité de chaque personne.
Pensez-vous que les jeunes soient les plus visés par ces enjeux ?
SANDRA ADJOU AKIREMY : Je ne dirais pas que les jeunes sont les plus visés par les enjeux liés aux préjugés, à la discrimination et au racisme au Canada. Toute personne issue d’un groupe racisé peut malheureusement y être confrontée à différents moments de sa vie.
En revanche, les jeunes figurent parmi les plus vulnérables. À une étape où leur identité, leur estime de soi et leurs aspirations sont encore en construction, ces expériences peuvent avoir des répercussions profondes et durables. Elles peuvent limiter leur confiance, influencer leurs choix d’études ou de carrière, freiner leur plein potentiel et affecter leur sentiment d’appartenance à la société.
C’est pourquoi il est essentiel de les outiller dès le plus jeune âge. En les aidant à mieux comprendre leur identité, à développer leur confiance en eux et à acquérir les compétences nécessaires pour faire face à ces réalités, nous leur permettons non seulement de s’épanouir, mais aussi de devenir des citoyens engagés et des leaders capables de contribuer positivement à une société plus inclusive et plus équitable.
Jusqu’où pouvons-nous aller, pensez-vous, pour combattre le racisme et la discrimination ?
SANDRA ADJOU AKIREMY : J’aime dire que le racisme et la discrimination sont l’affaire de toute la société. Ce sont des réalités qui se sont construites au fil des siècles, alimentées par des systèmes d’oppression, de déshumanisation et d’exclusion. Les combattre exige donc un engagement collectif, durable et intentionnel.
Nous devons agir à tous les niveaux : auprès des individus, des familles, des écoles, des milieux de travail, des organismes, des entreprises et des institutions. Chacun a un rôle à jouer et chaque sphère d’influence peut devenir un levier de changement.
Cela passe notamment par la mise en place de mécanismes permettant de reconnaître les injustices, sensibiliser et éduquer, prévenir les comportements discriminatoires, favoriser l’équité et, lorsque cela est nécessaire, réparer les torts causés.persévérance et une volonté commune de bâtir une société où chaque personne est traitée avec dignité et respect.
C’est un chantier de longue haleine, mais il est à la fois urgent, indispensable et porteur d’espoir pour les générations présentes et futures.

Inscription
Il n’est pas trop tard pour vous inscrire ! Pour participer à ce voyage culturel inspirant, consultez les informations mises à disposition par le CICA et notre rubrique d’événements.
Écrit par Bonnie Brunel-Thouret.