L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) salue le plus récent rapport annuel du Commissaire aux services en français, un document qui met en lumière à la fois les progrès réalisés et les défis persistants en matière de droits linguistiques en Ontario. Pour l’AFO, ce rapport rappelle une réalité essentielle : l’accès à des services de qualité en français n’est pas qu’un débat institutionnel, mais une question de sécurité, de dignité et de justice pour les francophones de la province.
Le président de l’AFO, Fabien Hébert, souligne que ce rapport démontre concrètement comment les interventions du Commissaire ont un impact direct sur la vie des citoyens.
Selon lui, les droits linguistiques prennent souvent forme dans des situations discrètes, mais cruciales, qui façonnent le quotidien des francophones :
« Les droits linguistiques ne se résument pas aux grands débats publics. Ils se jouent dans les détails, parfois invisibles, qui façonnent la sécurité et la qualité de vie de nos communautés. »
Il donne l’exemple de la traduction du Code de prévention des incendies, un service qui peut sembler administratif, mais qui touche à la sécurité publique :
« Ce n’est peut-être pas un sujet quotidien, mais c’est une avancée majeure qui touche nos écoles, nos services d’urgence et la sécurité de nos familles. »
Cette perspective, partagée par le Commissaire, renforce l’idée que la protection linguistique demeure un enjeu transversal, qui doit être présent dans toutes les sphères gouvernementales.
Encadrement des exemptions : une recommandation clé
L’AFO se réjouit particulièrement de la recommandation du Commissaire visant à mieux encadrer l’usage des exemptions linguistiques permises par le Règlement 671/92. L’organisme estime qu’un resserrement de ces exemptions est nécessaire pour éviter que certaines institutions s’en prévalent trop largement, ce qui compromet l’accès équitable aux services en français.
L’AFO rappelle également que nombre de recommandations déjà formulées par le Commissaire au fil des ans demeurent toujours en attente. Leur mise en œuvre contribuerait de manière significative à améliorer l’accès aux services gouvernementaux dans la langue de la minorité.
Des efforts reconnus… mais des attentes toujours fortes
L’AFO souligne les efforts récents du ministère des Affaires francophones, notamment la mise à jour de la liste des organismes désignés. Ce travail, amorcé il y a plusieurs mois, devra se poursuivre jusqu’en mars 2026, comme l’a annoncé le gouvernement.
Si l’AFO se dit encouragée par ces progrès, elle réitère toutefois une attente centrale : la mise en ligne d’un répertoire numérique complet des services assujettis à la Loi sur les services en français.
Pour M. Hébert, un tel outil est indispensable pour garantir la cohérence des services :
« Ce répertoire est essentiel pour la transparence, l’accès et l’amélioration continue des services en français. »
Cette demande revient régulièrement dans les discussions avec le ministère, l’AFO estimant que les citoyens doivent pouvoir facilement identifier les services disponibles en français à l’échelle provinciale.
Un rapport aligné avec les États généraux de l’Ontario français
Le rapport 2024-2025 du Commissaire vient directement appuyer plusieurs priorités exprimées par la communauté lors des États généraux de l’Ontario français.
Ces consultations majeures ont souligné le besoin de bâtir un système solide, accessible et prévisible, dans lequel la langue française ne constitue jamais un obstacle à la sécurité, à la justice ou aux services essentiels.
Selon Fabien Hébert :
« Nous avons hâte d’aborder, lors de notre prochaine rencontre avec l’honorable Caroline Mulroney, les recommandations encore en suspens ainsi que les outils attendus par la communauté, dont le répertoire numérique. »
Cette rencontre, prévue prochainement, sera l’occasion pour l’AFO de défendre à nouveau un cadre provincial plus cohérent et plus équitable pour les francophones.
Une mobilisation continue pour l’amélioration des services en français
En conclusion, l’AFO confirme qu’elle demeure entièrement engagée à collaborer avec le Commissariat, le ministère des Affaires francophones et l’ensemble des instances concernées afin d’assurer des services de qualité pour les Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes.
« Nous voulons faire avancer ces dossiers et répondre aux attentes légitimes des Franco-Ontarien.ne.s », affirme le président.
L’accueil favorable du rapport annuel témoigne à la fois d’un optimisme prudent et d’une vigilance constante. Pour l’AFO, la progression des droits linguistiques est un travail de longue haleine — et ce rapport constitue un pas supplémentaire vers un système public véritablement inclusif et bilingue.
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