Paroles de la communauté : L’ancrage identitaire et la transmission de Sandra Adjou Akiremy

Par Patrick Bizindavyi

Dans la série « Paroles de la communauté », Grand Toronto va à la rencontre des personnalités qui façonnent la francophonie ontarienne. Aujourd’hui, nous donnons la parole à Sandra Adjou Akiremy, fondatrice et dirigeante du Centre de l’Identité et de la Culture Africaines (CICA).

Originaire du Bénin, Sandra Adjou Akiremy a grandi et étudié entre le Maroc, la Suisse et la France, où elle a obtenu un MBA en Management et Commerce international, avant de choisir de s’établir au Canada. Professionnelle chevronnée en logistique et en stratégie d’entreprise, elle s’est imposée dans les multinationales canadiennes tout en devenant une figure incontournable du secteur communautaire. 

Fondatrice et dirigeante du Centre de l’Identité et de la Culture Africaines (CICA), son engagement remarquable auprès de la jeunesse et des familles francophones afrodescendantes lui a valu de recevoir à Queen’s Park la prestigieuse Médaille du Couronnement du Roi Charles III.

1. La confrontation des mondes et l’arrivée au Canada

 

Grand Toronto : Sandra, votre propre histoire migratoire ressemble à une traversée de plusieurs mondes : née au Bénin, vous grandissez entre le Maroc, la Suisse et la France avant de choisir le Canada. Qu’est-ce qui a provoqué ce déclic de traverser l’Atlantique, et comment s’est négocié ce passage de l’effervescence parisienne à la réalité canadienne ?

 

Sandra Adjou Akiremy : Je crois qu’au fond de moi, le Canada a toujours représenté une terre d’opportunités. Après un parcours entre le Bénin, le Maroc, la Suisse et la France, où j’ai obtenu un MBA en Management et Commerce international, je souhaitais vivre une expérience sur le continent américain afin de compléter mon parcours personnel et professionnel.

Un premier séjour au Canada a confirmé cette intuition. J’y ai découvert un pays accueillant, ouvert à la diversité et offrant de réelles possibilités. J’ai donc entrepris les démarches de résidence permanente avec la conviction de faire le bon choix. Le passage de l’effervescence parisienne à la réalité canadienne s’est d’ailleurs bien négocié, car c’était un choix pleinement intentionnel auquel je m’étais préparée.

Plus de quinze ans plus tard, j’y ai fondé une famille, développé ma carrière et créé le Centre de l’Identité et de la Culture Africaines (CICA). Je suis encore émerveillée de voir jusqu’où ce pays peut mener ceux qui s’y investissent. Recevoir à Queen’s Park la Médaille du Couronnement du Roi Charles III pour mon engagement communautaire est une distinction que je n’aurais jamais imaginée en arrivant comme nouvelle immigrante.

 Pour moi, cette reconnaissance illustre que le rêve nord-américain existe bel et bien, notamment lorsque l’on met ses talents au service de sa communauté. Aujourd’hui, je me définis avec fierté comme une Béninoise-Canadienne.

 

Grand Toronto : Vous racontez souvent que c’est à l’âge de 17 ans, en quittant le Bénin pour vos études, que vous avez pleinement « réalisé » que vous étiez noire à travers le regard des autres. Comment ce changement de perception a-t-il façonné votre vision de l’identité ?

 

Sandra Adjou Akiremy : Effectivement, c’est en quittant le Bénin à 17 ans pour poursuivre mes études que j’ai véritablement pris conscience de ce que signifiait être une personne noire dans un contexte où l’on devient minoritaire. Pour la première fois, je faisais face à des préjugés, des stéréotypes et à des regards qui ne reflétaient pas qui j’étais réellement, mais plutôt l’image que certains se faisaient des personnes noires.

Avec le recul, je crois que cette expérience a semé les premières graines de ce qui deviendra plus tard le Centre de l’Identité et de la Culture Africaines (CICA). J’ai compris que, contrairement à moi qui avais grandi en Afrique avec des repères identitaires solides, les jeunes de la diaspora — et bien d’autres jeunes issus de minorités — sont confrontés à cette réalité du regard des autres dès leur plus jeune âge.

Je me suis alors posé une question qui ne m’a plus jamais quittée : comment mes propres enfants, et plus largement les jeunes afrodescendants, allaient-ils construire une identité forte et positive dans un tel contexte ? J’ai compris que l’identité se construit d’abord par la perception que l’on a de soi. Lorsque cette perception est solide, le regard des autres perd de son pouvoir. 

C’est cette conviction qui guide aujourd’hui la mission du CICA : permettre aux jeunes de développer une identité forte, fière et assumée, afin qu’ils deviennent les auteurs de leur propre histoire, plutôt que de laisser les autres la définir à leur place.

 

Originaire du Bénin, Sandra Adjou Akiremy a grandi et étudié entre le Maroc, la Suisse et la France, où elle a obtenu un MBA en Management et Commerce international, avant de choisir de s'établir au Canada

Fondatrice et dirigeante du Centre de l’Identité et de la Culture Africaines (CICA), son engagement remarquable auprès de la jeunesse et des familles francophones afrodescendantes lui a valu de recevoir à Queen’s Park la prestigieuse Médaille du Couronnement du Roi Charles III.

2. Refuser les étiquettes et naviguer la double minorité à Toronto

 

Grand Toronto : À votre arrivée au Canada, on a tenté de vous imposer le parcours classique de l’immigrant : retourner sur les bancs de l’école, refaire des formations. Vous avez dit un « non » catégorique à ces cases. Comment avez-vous réussi à imposer votre bagage universitaire et professionnel dans les multinationales sans transiger sur votre valeur ?

 

Sandra Adjou Akiremy : À mon arrivée au Canada, je savais exactement pourquoi j’étais venue. Bien avant de faire mes valises, j’avais étudié le marché de l’emploi, identifié les entreprises qui m’intéressaient et vérifié que mon domaine n’était pas réglementé. J’avais même élaboré un plan A et un plan B. Je ne venais pas chercher une identité professionnelle; je venais bâtir la suite de mon parcours.

Comme beaucoup de nouveaux arrivants, on m’a conseillé de retourner à l’université. J’ai d’ailleurs suivi cette recommandation et me suis inscrite à un DESS. Mais, après réflexion, j’ai réalisé que ce parcours n’était pas aligné avec mes objectifs. Il n’aurait pas apporté une réelle valeur ajoutée à mon MBA ni à mon expérience internationale. J’ai alors choisi une autre voie : une formation de trois mois en transport et logistique nord-américains, qui me permettait d’acquérir les connaissances propres au marché canadien tout en développant mon réseau professionnel.

Il y a eu des moments de doute, bien sûr. Mais je revenais toujours à une conviction profonde : je connais ma valeur. Mes diplômes, mon expérience dans des multinationales et mes compétences ne disparaissaient pas parce que je changeais de pays. Mon défi n’était pas de recommencer à zéro, mais de réussir un pivot intelligent.

Ce choix s’est révélé payant. En parallèle de cette courte formation, j’ai décroché un poste dans une multinationale avec un salaire que plusieurs considéraient exceptionnel pour une nouvelle arrivante, salaire que j’ai négocié en mettant en avant la valeur de mon parcours. 

Chaque histoire d’immigration est différente, et je ne crois pas qu’il existe une seule voie à suivre. Mon expérience m’a appris qu’il est essentiel de bien se connaître, de faire ses recherches, d’oser remettre en question les parcours tout tracés et de prendre des décisions alignées avec sa vision. Nos acquis ne nous quittent jamais; encore faut-il avoir le courage de les faire reconnaître.

 

Grand Toronto : En déménageant à Toronto, vous avez découvert la réalité d’être doublement minoritaire : francophone et noire dans une province majoritairement anglophone. Comment s’est passée votre intégration au sein d’une communauté franco-ontarienne qui est de toutes les couleurs ?

 

Sandra Adjou Akiremy : En arrivant à Toronto, j’ai rapidement réalisé qu’il existait une communauté afrodescendante francophone beaucoup plus importante et dynamique que je ne l’avais imaginée. Cette découverte a été une belle surprise.

Ma démarche a toujours été la même : observer, apprendre, puis m’impliquer. Je me suis engagée dans la communauté scolaire francophone de mes enfants, d’abord comme bénévole lors des sorties scolaires, puis au sein du conseil des parents. J’ai également participé à de nombreuses activités communautaires, ce qui m’a permis de tisser des liens et de mieux comprendre la richesse et la diversité de la francophonie ontarienne.

La création du Centre de l’Identité et de la Culture Africaines (CICA) a marqué une nouvelle étape. Grâce aux nombreuses collaborations développées avec des organismes, des écoles, des institutions et des partenaires, j’ai pu élargir mon réseau tout en contribuant à renforcer les liens au sein de la communauté. 

Aujourd’hui, le CICA est aussi un espace qui accompagne de nombreuses familles et nouveaux arrivants dans leur intégration, en créant des occasions de rencontre, de mentorat et d’engagement communautaire. Pour moi, l’intégration ne consiste pas seulement à trouver sa place; elle consiste aussi à contribuer à créer celle des autres.

3. Le déclic du CICA et la force de l’éducation

 

Grand Toronto : Le CICA est né d’un moment profondément intime et bouleversant : le jour où votre petite fille est rentrée de l’école en vous demandant si elle pouvait devenir Blanche. Comment transforme-t-on ce cri du cœur d’une mère en un projet communautaire d’envergure nationale ?

 

Sandra Adjou Akiremy : L’idée du CICA ne naît pas uniquement de cet épisode avec ma fille; elle habitait déjà mon cœur depuis plusieurs années. Mais ce moment a été le déclic qui m’a fait passer de la réflexion à l’action.

Quelques mois après notre arrivée à Toronto, ma fille est rentrée de l’école en me demandant si elle pouvait devenir blanche. Une camarade lui avait expliqué qu’avoir la peau blanche était « mieux ». Comme mère, cette question m’a bouleversée. J’ai compris que, malgré tout ce que nous lui transmettions à la maison, l’environnement dans lequel nos enfants grandissent influence profondément leur perception d’eux-mêmes.

En parallèle, j’étais enceinte de mon deuxième enfant, un garçon, et j’entendais de plus en plus de témoignages sur les défis vécus par les jeunes garçons noirs. En me documentant, j’ai découvert que ces réalités étaient bien réelles : en Ontario, les élèves noirs sont surreprésentés parmi les élèves suspendus, et les données du Toronto District School Board (TDSB) montrent qu’ils connaissent des taux de suspension plus élevés, des taux de diplomation plus faibles et un risque accru de décrochage scolaire comparativement à leurs pairs.

Je me suis alors dit qu’il ne suffisait pas d’agir dans ma propre maison. Il fallait bâtir un village. J’ai commencé à lire des études, à rencontrer des familles, à écouter des jeunes et à concevoir un programme qui permettrait de renforcer la connaissance de soi, l’estime de soi et la fierté identitaire, tout en développant le leadership, l’excellence et le sentiment d’appartenance.

C’est ainsi qu’est né le Centre de l’Identité et de la Culture Africaines (CICA). Notre objectif n’est pas seulement de célébrer la culture africaine; il est de donner aux jeunes afrodescendants les outils pour croire en leur potentiel, réussir à l’école, protéger leur santé mentale et prendre pleinement leur place dans la société canadienne. Parce qu’un jeune qui connaît sa valeur est un jeune qui est beaucoup plus difficile à faire douter de sa place.

 

Grand Toronto : Vous citez souvent Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ». Au CICA, vous misez sur des histoires positives, des empires africains à la bande dessinée historique. Pourquoi est-il si urgent de décoloniser l’apprentissage de l’histoire pour les jeunes de la diaspora ?

 

Sandra Adjou Akiremy : Je crois profondément que ce que l’on apprend façonne la manière dont on se perçoit et dont on envisage son avenir. Or, pour de nombreux jeunes afrodescendants, l’histoire de l’Afrique commence encore avec la traite négrière, l’esclavage ou la colonisation. Ils connaissent peu les grands empires, les royaumes, les scientifiques, les bâtisseurs et les figures de leadership qui ont marqué l’histoire bien avant cette période. Cette vision incomplète, souvent présentée à travers un prisme centré sur la colonisation, influence inévitablement la perception que les jeunes développent d’eux-mêmes.

Des recherches menées par le Toronto District School Board (TDSB) démontrent d’ailleurs que le sentiment d’appartenance, la représentation positive et des apprentissages culturellement pertinents contribuent directement à la réussite scolaire et au bien-être des élèves. À l’inverse, les données montrent que les élèves noirs ont un taux de décrochage près de deux fois supérieur, un taux de diplomation inférieur de 15 points et sont plus de deux fois plus susceptibles d’être suspendus.

C’est précisément pour répondre à cette réalité que le CICA a développé des ateliers comme « Histoire positive », « Mon JE » et « La personnalité Afro du mois », ainsi que de nombreux projets éducatifs, dont des bandes dessinées sur les empires et royaumes africains. Notre objectif n’est pas de réécrire l’histoire, mais de la compléter afin que les jeunes découvrent aussi les récits d’excellence, d’innovation, de leadership, de créativité et de résilience qui font partie de leur héritage.

L’impact est visible. Nous voyons des jeunes qui repartent plus fiers de leurs origines, qui prennent davantage la parole, qui posent plus de questions sur leur histoire et qui osent rêver plus grand. Lorsqu’un jeune comprend que son héritage ne se résume pas à l’esclavage ou à la colonisation, mais qu’il est aussi celui de bâtisseurs et d’inventeurs, sa perception de lui-même change. Et lorsqu’on change la perception qu’un jeune a de lui-même, on change aussi sa façon d’envisager son avenir.

 

4. Zoom sur le programme de mentorat : Transmettre pour s’armer

Grand Toronto : Le CICA propose un important programme de mentorat, soutenu notamment par la Ville de Toronto. Selon vous, le mentorat permet aux jeunes « de gagner un temps précieux ». Quels sont les principaux obstacles invisibles que ces ateliers aident les jeunes à surmonter ?

 

Sandra Adjou Akiremy : Effectivement, je crois profondément que le mentorat permet aux jeunes de gagner un temps précieux, parce qu’il leur donne accès à des connaissances, des outils et surtout à des modèles auxquels ils peuvent s’identifier.

Le programme de mentorat du CICA a été pensé autour d’un principe simple : un jeune a besoin de voir des personnes qui lui ressemblent réussir, mais aussi d’entendre leur parcours, leurs défis, leurs erreurs et les stratégies qui leur ont permis d’avancer. Nos mentors sont des professionnels afrodescendants issus de différents domaines qui partagent non seulement leur expertise, mais aussi leur réalité et leur expérience de vie.

La différence avec un mentorat traditionnel est que nous créons un espace sécuritaire où les jeunes peuvent avoir des conversations adaptées à leur réalité afrodescendante. Certaines discussions sur l’identité, la représentation, les préjugés ou la confiance en soi ne peuvent pas toujours être exprimées dans tous les environnements. 

Au CICA, les jeunes peuvent poser leurs questions librement et recevoir des conseils de personnes qui comprennent leur parcours.

Le mentorat leur permet de surmonter plusieurs obstacles invisibles : le manque de modèles, les auto-limitations sur leur propre potentiel, le manque d’information sur leur histoire, leurs droits ou les opportunités professionnelles. Notre approche est également intergénérationnelle en impliquant les parents pour recréer cette notion de « village », et globale grâce à des ateliers sur la littératie financière, le leadership, le storytelling, le personal branding ou l’entrepreneuriat.

 

Grand Toronto : Vos mentors sont tous des professionnels afrodescendants francophones. Comment choisissez-vous ces modèles et quel déclic espérez-vous provoquer chez les participants ?

 

Sandra Adjou Akiremy : Nous choisissons nos mentors avec beaucoup de soin. Ce sont des professionnels afrodescendants francophones qui se distinguent par leur expertise, leur excellence et leur engagement envers la communauté. Nous recherchons des personnes qui savent transmettre, créer une connexion avec les jeunes, écouter, inspirer et transformer leur expérience en apprentissages concrets.

Le premier déclic que nous souhaitons provoquer est celui de la possibilité : « Si cette personne a réussi, moi aussi je peux y arriver. » La représentation est puissante. Lorsqu’un jeune voit devant lui une personne qui lui ressemble, qui a construit une carrière, surmonté des défis et atteint l’excellence, il peut davantage se projeter.

Dans un atelier de leadership, par exemple, nous voulons que les jeunes comprennent que le leadership ne dépend pas de l’âge ou de l’origine : cela se développe. Dans un atelier de littératie financière, nos mentors déconstruisent certaines croyances limitantes autour de l’argent et montrent aux jeunes qu’ils peuvent développer de bonnes habitudes financières, investir et entreprendre dès maintenant.

 

Grand Toronto : Le mentorat touche aussi à l’estime de soi. Avez-vous un exemple marquant d’un jeune dont le regard sur lui-même a complètement changé grâce à cet accompagnement ?

 

Sandra Adjou Akiremy : Une jeune participante a dit un jour : « Chaque fois que je viens, je ressors avec quelque chose. C’est comme si ça me donnait un pouvoir. Tous les mentors sont inspirants. » Pour moi, cette phrase résume exactement l’impact que nous souhaitons créer.

Un autre exemple marquant est celui d’un jeune garçon qui ne voulait pas participer au départ. À la fin du programme, il a partagé à quel point il était heureux d’avoir participé : il avait appris sur son identité, découvert des passions comme la peinture et compris qu’il pouvait accomplir de grandes choses en ne se limitant pas. Grâce aux échanges avec un mentor, il a compris l’importance de raconter sa propre histoire plutôt que de laisser les autres la définir.

Ces témoignages confirment le besoin d’étendre nos actions, notamment en offrant davantage d’ateliers directement dans les écoles et en consolidant des partenariats stratégiques pour pérenniser cet écosystème d’accompagnement.

 

5. Perspectives, alliances et héritage

 

Grand Toronto : Vous avez mentionné avoir été très émue de constater que vos réflexions sur la transmission culturelle rejoignaient celles d’une « gardeuse de connaissances » algonquine, Janique Labelle. En quoi la transmission orale rapproche-t-elle les communautés afro-descendantes et autochtones ?

 

Sandra Adjou Akiremy : J’ai rencontré virtuellement Janique Labelle lors d’une émission de la FARFO en 2021, et j’ai été profondément touchée de constater que nos réflexions se rejoignaient sur l’importance de la transmission culturelle.

Bien que les réalités historiques des peuples autochtones et des communautés afrodescendantes soient différentes, nous partageons des expériences communes liées aux impacts de l’oppression et des tentatives de dévalorisation culturelle. Dans nos deux communautés, la transmission orale — à travers les contes, les chants et les récits transmis de génération en génération — a joué un rôle essentiel pour préserver la mémoire et les valeurs.

C’est précisément ce que nous faisons au CICA en mobilisant le storytelling, la littérature et les arts. Valoriser son héritage ne signifie pas se fermer aux autres; au contraire, c’est avec une identité forte que l’on peut véritablement contribuer à une société diverse. Une culture qui est transmise est une culture qui continue de vivre.

 

Grand Toronto : Si vous deviez donner un seul conseil à un jeune arrivant qui débarque à Toronto plein de rêves mais confronté aux doutes de l’établissement, que lui diriez-vous ?

 

Sandra Adjou Akiremy : Je lui dirais : ta présence n’est pas une simple chance, elle est une valeur ajoutée. Tu arrives avec une histoire, des compétences et des talents qui ont de la valeur. Crois en toi, en ton potentiel, et ne laisse pas les obstacles te faire oublier ce que tu portes déjà en toi.

Tu n’es pas seul(e). Il existe des communautés et des espaces pour t’accompagner et t’aider à te dépasser. C’est aussi la mission du CICA : permettre aux jeunes afrodescendants de développer leur identité, leur confiance et leurs compétences afin qu’ils puissent pleinement réaliser leur potentiel. Fais compter ta présence ici !

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