Mini coupe du monde rassemble la communauté francophone  

Par Julianne Wisner

L’indice humidex affichait 44 degrés, Environnement Canada avait émis un avis de chaleur, le soleil tapait si fort sur le terrain de foot qu’on pouvait voir l’herbe jaunir ; mais même cette chaleur étouffante n’a pas empêché les joueurs de la Mini Coupe du Monde de donnés leurs meilleures chances. 

Le 1er juillet, à l’occasion de la fête du Canada, la Fédération Tricolore de Toronto, Canoraa, La Maison des Bleus à Toronto et le fan club du PSG de Toronto ont organisé une mini-Coupe du monde. L’événement a réuni des participants de tous niveau defootball, depuis ceux qui tapaient dans un ballon dès qu’ils savaient marcher jusqu’aux joueurs de rugby entraînés là par leurs amis. 

Plus qu’une simple compétition, l’objectif de cet événement était de créer des liens avec la communauté francophone de Toronto. Les équipes participantes, le Canada, le Sénégal, le Maroc et la France, ont rassemblé des francophones de tous horizons venus de toute la ville. 

Les origines de l’événement  

Jacques Yamdjie, directeur exécutif de Canoraa, était l’un des principaux organisateurs de l’événement. Canoraa est une organisme à but non-lucrative basée en Ontario. Elle a mis en place plusieurs initiatives visant à favoriser l’autonomisation de divers groupes marginalisés, tels que les jeunes en situation de vulnérabilité, les personnes âgées et les nouveaux arrivants. 

Jacques a créé cet événement pour de nombreuses raisons. La coïncidence de plusieurs événements majeurs, notamment la fête du Canada et le fait que Toronto fût l’une des villes hôtes de la Coupe du monde, a rendu cet événement particulièrement opportun. Mais surtout, « c’était pour renforcer la cohésion au sein de la communauté ». 

Ayant toujours œuvré à rapprocher le football de la communauté francophone de Toronto, il connaît par expérience la valeur de ces événements. 

Jacques a joué au football toute sa vie et entretient une longue histoire avec ce sport en Ontario. Il a pris conscience de l’importance du football lorsque son fils rentrait de l’école, tout excité de pouvoir jouer avec son équipe. Depuis lors, pendant plus de 30 ans, il a contribué à l’organisation de la Coupe Canoraa entre les écoles francophones. 

Le déroulement du match 

L’événement a débuté par une brève cérémonie d’accueil des joueurs et des supporters, suivie du tournoi composé de trois tours. 

Tout d’abord, le Maroc a affronté la France, remportant une victoire écrasante 4-2. Ensuite, le Canada a affronté le Sénégal, qu’il a éliminé sur le score de 3-1. 

Lors de la finale, le Canada et le Maroc se sont affrontés pour la médaille d’or. Bien que le match ait été serré, l’équipe du Canada s’est imposée comme vainqueur du tournoi, remportant la médaille d’or après avoir battu le Maroc 3-2. 

Le vrai gagnant – la communauté francophone 

Même si les participants ont souligné que chacune de leurs équipes s’était bien battue, la véritable raison de leur présence était la communauté. 

Noé, un humoriste basé à Toronto, était présent pour jouer dans l’équipe de France. « Cet événement est très important. On peut rencontrer de nouveaux Français qu’on n’a jamais pu rencontrer. On s’amuse bien parce qu’on est là pour jouer et pas pour gagner », explique Noé. 

De toute évidence, ce sentiment était partagé par de nombreux autres participants à l’événement.  

Papiss Ansoumana Dieme, maire de la commune de Mlomp au Sénégal, était aussi présent pour soutenir l’événement. En tant que membre du comité de football sénégalais et ancien footballeur, il souhaitait observer comment le football sa pratique au Canada. Venu initialement au Canada pour assister à la Coupe du monde de la FIFA, c’est par l’intermédiaire de l’Association sénégalaise, invitée par les organisateurs, dont il a entendu parler de cet événement communautaire. 

Il a souligné que cet événement revêtait une importance particulière en termes d’« intégration et de communauté. Le monde d’aujourd’hui est celui de donner et de recevoir. On donne une bonne image de soi et on reçoit aussi de l’autre. C’est ce qui nous permettra vraiment d’aller de l’avant. Je pense que c’est ce que le Canada est en train de démontrer. » 

Mohamed Benjelloun, président de l’Association marocaine de Toronto, était également présent à l’événement en tant que responsable communautaire. Le défenseur a aussi réaffirmé que cet événement allait bien au-delà d’un simple tournoi de compétition. « C’est vraiment un tournoi amical. Il nous permet de jouer ensemble, de nous amuser ensemble et offre aux francophones la possibilité d’avoir leur propre communauté sportive », a-t-il déclaré. 

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