CinéFranco est mis à l’honneur dans un nouveau documentaire de Hadley Foucher

Par Julianne Wisner

Pour les nouveaux arrivants qui ne parlent que le français, Toronto peut ressembler à un désert en matière de cinéma francophone. Trop éloignée du Québec pour bénéficier d’une programmation exclusivement dans cette langue, la ville offre peu d’occasions de s’immerger dans la culture francophone et d’en découvrir la scène cinématographique.  

Cependant, CinéFranco représente un phare pour les amateurs de films francophones de la ville. Cet organisme sans but lucratif, en activité depuis 28 ans, organise des festivals de cinéma afin de promouvoir les films en français et de mobiliser la communauté francophone et francophile de Toronto.  

Dans son récent documentaire, Un festival en héritage, Hadley Foucher aborde précisément cette problématique ainsi que l’impact du festival CinéFranco. Pour discuter de la genèse de ce film, il a accordé un entretien à GrandToronto.ca.  

Les origines du cinéaste  

Hadley Foucher est un artiste multidisciplinaire spécialisé dans la production audiovisuelle, établi à Toronto. Il a fait ses débuts en réalisant des clips en France, travaillant sur des projets où il documentait des athlètes et créait des vidéos de musique raffinées. Pour ce projet, il s’intéresse à la scène cinématographique francophone de Toronto.     

En fait, c’est grâce à CHOQ.fm qu’il a découvert CinéFranco. À son arrivée à Toronto, il cherchait à trouver du travail au sein de la scène cinématographique de la ville. Cela l’a d’abord amené à faire du bénévolat à la radio, avant qu’il fasse connaissance avec Marcelle Lean, la fondatrice de CinéFranco.    

C’est en travaillant pour l’organisme qu’il s’est rendu compte qu’il n’existait pas beaucoup d’autres initiatives en Ontario qui permettaient aux gens de voir des films en français à Toronto.    

Depuis quelque temps déjà, Hadley avait des idées concernant la scène cinématographique torontoise. « J’avais déjà dans l’idée de pouvoir raconter comment on vit en Ontario et à Toronto quand on veut baigner uniquement dans la culture francophone », explique Hadley.  

 En France, il avait l’habitude de fréquenter les salles de cinéma, emmenant souvent ses petits frères avec lui. Depuis son arrivée à Toronto, « on peut compter maintenant le nombre de films que je suis allé voir cette année au cinéma hors Cinefranco », dit Hadley.  

Cependant, ce n’est que grâce à l’initiative artistique du lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Edith Dumont, à l’occasion du 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien, que ce film a pu voir le jour.   

Le contenu du documentaire 

Le documentaire se compose principalement d’entrevues présentant les points de vue variés de professionnels issus de divers secteurs de la communication francophone à Toronto. Bien que Hadley fût conscient de l’influence de ces personnes sur la scène culturelle torontoise et qu’il leur eût posé une série de questions diversifiées, elles sont toutes arrivées à la même conclusion : « À Toronto, […] on a accès à la culture en français, mais parfois, au niveau de la façon dont c’est diffusé, on ne le voit pas forcément. » 

Par ailleurs, de nombreuses personnalités de la scène culturelle francophone de la ville sont mises en vedette dans le documentaire, notamment Marcelle Lean, Dyana Ouvrard, directrice générale du Labo, et Guillaume Lorin, directeur général de CHOQ.fm. Plusieurs d’entre elles évoquent l’un des objectifs du festival : sortir le cinéma francophone du carcan d’un contenu élitiste ou éducatif, le français ayant parfois été relégué au rang de « langue d’école ». 

Au-delà des difficultés rencontrées par les immigrants francophones, le documentaire aborde l’importance de CinéFranco pour les Franco-Ontariens. Hadley s’entretient notamment avec Carl Bouchard, commissaire aux services en français de l’Ontario, et Xavier Brassard-Bédard, directeur général de TFO, qui apportent leur éclairage sur la question. Bien que le nombre de films franco-ontariens soit très limité, CinéFranco offre un espace où l’on peut vivre en français et découvrir les arts et la culture en compagnie d’autres francophones. 

Mais surtout, CinéFranco permet de mettre en lumière l’engouement pour le cinéma français à Toronto. Hadley souligne que l’un des aspects marquants de CinéFranco « c’est de revoir des fidèles qui reviennent chaque année. Il y a une scène, […] il y a le public de CinéFranco qui sait qu’en novembre, il y a le festival CinéFranco, qu’on peut aller voir des films en français […] Du coup, je pense que CinéFranco a un impact et montre qu’il y a une envie de voir des films en français. » 

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