Par Patrick Bizindavyi
Dès la rentrée universitaire de septembre 2026, l’établissement torontois accueillera sa toute première cohorte au sein d’un programme d’avant-garde, conçu sur mesure pour répondre aux mutations complexes de la société et pallier la pénurie de professionnels francophones.
L’Université de l’Ontario français (UOF) franchit aujourd’hui un jalon historique dans la diversification de son offre académique et le renforcement de son ancrage sociétal. C’est officiel : l’institution déploie son tout nouveau baccalauréat spécialisé en travail social. Ce projet d’envergure, en préparation depuis de longs mois, a reçu le feu vert officiel de la Commission d’agrément (COA) de l’Association canadienne pour la formation en travail social (ACFTS). En octroyant le statut de pré-agrément au programme, l’organisme national valide la rigueur de sa structure et autorise son ouverture immédiate pour la prochaine année universitaire.
Ce programme de quatre ans arrive à un moment charnière pour la province. Pensé, structuré et modélisé pour répondre de manière proactive aux réalités sociales contemporaines ainsi qu’aux besoins criants des communautés francophones en situation minoritaire, ce cursus entend redéfinir les standards de la formation des travailleurs sociaux. L’objectif avoué de l’UOF est de former une nouvelle génération de professionnels d’élite, capables de décoder la complexité systémique des vulnérabilités humaines, tout en intervenant avec justesse, éthique et agilité auprès des individus, des familles élargis et des collectivités locales.
Un pilier stratégique pour l’épanouissement de la francophonie ontarienne
Pour les instances dirigeantes de l’Université de l’Ontario français, ce lancement dépasse largement le cadre d’une simple ouverture de programme d’études : il s’agit d’un engagement profond et durable envers le tissu social franco-ontarien. En proposant cette expertise de pointe entièrement en français au cœur de la métropole, l’UOF bâtit un rempart contre l’assimilation institutionnelle et garantit un accès à des services essentiels de qualité dans la langue de la minorité.

« Le lancement de ce programme constitue une étape importante dans l’évolution de l’UOF et dans notre engagement à répondre aux besoins de la francophonie ontarienne », met en lumière Isabelle Dostaler, vice-rectrice aux études et à la recherche de l’Université de l’Ontario français. « En formant une nouvelle génération de travailleuses et travailleurs sociaux francophones, nous contribuons concrètement au développement de communautés plus inclusives, plus équitables et plus résilientes. L’université se positionne ainsi comme un carrefour où le savoir académique se traduit instantanément en impact social direct. »
L’UOF s’établit dans un environnement d’apprentissage unique. Ancré au cœur de la francophonie plurielle, dynamique et multiculturelle de Toronto et de l’ensemble de l’Ontario, le programme s’imprègne de la diversité ethnoculturelle de la province. Le cadre pédagogique repose sur un trépied novateur combinant l’assimilation rigoureuse des fondements théoriques, l’apprentissage expérientiel par l’intervention sur le terrain et un engagement communautaire continu.
« Agir pour transformer les réalités sociales » : Une philosophie d’impact et de justice
Le programme est guidé par une ligne directrice forte et une signature institutionnelle claire : « Agir pour transformer les réalités sociales ». Plus qu’un slogan, cette devise incarne la mission philosophique du baccalauréat. Les étudiantes et les étudiants ne seront pas de simples observateurs des maux de la société, mais de véritables agents de changement outillés pour déconstruire les barrières et reconstruire des ponts là où les institutions font défaut.
Ce cursus prépare les futures cohortes à analyser, diagnostiquer, intervenir et restructurer les milieux sociaux, communautaires et institutionnels. L’originalité fondamentale du programme réside dans son cadre d’analyse intersectionnel. Les étudiants apprendront à aborder chaque problématique sous une perspective résolument antiraciste, antidiscriminatoire, inclusive et culturellement sensible.
À une époque où les communautés marginalisées font face à des défis croisés, cette sensibilité culturelle devient une compétence professionnelle indispensable.
« Le travail social est avant tout une profession d’engagement et d’action », affirme avec passion Bianca Nugent, professeure adjointe et coordonnatrice du programme de travail social de l’UOF. « Nous souhaitons former des personnes capables d’écouter avec empathie, d’intervenir avec courage et de contribuer positivement aux grandes transformations sociales qui façonnent nos communautés d’aujourd’hui et de demain.
Notre programme est soutenu par un réseau dynamique de partenaires profondément engagés sur le terrain, offrant ainsi à nos étudiants une formation qui est à la fois rigoureuse sur le plan scientifique et profondément humaine. »
700 heures d’immersion pratique et d’apprentissage par l’expérience
L’un des plus grands points forts de ce baccalauréat spécialisé réside dans sa structure hybride, qui refuse de cloisonner la théorie et la pratique. L’université mise sur une intégration précoce et continue du terrain. L’apprentissage des théories sociologiques, des politiques publiques, de la psychologie du développement et des méthodologies d’enquête s’articule ainsi autour d’une expérience clinique majeure et obligatoire de 700 heures de stages supervisés.
Ces stages, répartis de manière stratégique tout au long du parcours académique, se dérouleront au sein d’organismes à but non lucratif, d’institutions de santé, de centres de toxicomanie, de structures de protection de la jeunesse ou de cabinets de consultation sociale. Cette immersion concrète garantit que les diplômés ne subiront aucun choc de la réalité lors de leur entrée sur le marché du travail.
Tout au long de ce cheminement exigeant, les étudiantes et étudiants bénéficieront d’un encadrement personnalisé, d’un mentorat par des professeurs chevronnés et de séances de supervision clinique régulières pour consolider leur identité professionnelle.
Des perspectives de carrière exceptionnelles au cœur d’un marché en tension
Le choix de l’UOF d’investir le champ du travail social s’aligne parfaitement sur les réalités économiques actuelles. L’Ontario traverse une pénurie chronique de professionnels bilingues de la santé et des services sociaux. Les besoins dans les grands centres urbains comme Toronto, tout comme dans les régions rurales de la province, ont atteint des niveaux critiques, exacerbés par les vagues migratoires et les crises socio-économiques successives.
Le baccalauréat spécialisé de l’UOF offre un avantage compétitif immédiat : il coche toutes les cases académiques permettant d’accéder directement au titre professionnel réservé, délivré par l’Ordre des travailleurs sociaux et des techniciens en travail social de l’Ontario (OTSTTSO).
L’obtention de ce permis d’exercice officiel ouvrira la voie à des carrières d’une richesse exceptionnelle, très recherchées par les employeurs des secteurs public, parapublic et communautaire.
Les diplômés pourront ainsi occuper des postes hautement stratégiques et opérationnels, que ce soit comme gestionnaires de cas dans les réseaux de santé, conseillers en santé mentale, analystes de politiques sociales au sein des ministères, directeurs d’organismes communautaires ou encore médiateurs familiaux et agents de protection de l’enfance.
En élargissant les horizons professionnels de sa communauté étudiante, l’UOF accomplit sa promesse fondatrice : proposer des formations universitaires de haut niveau en français, en adéquation totale avec les exigences du marché du travail, tout en propulsant la relève qui fera activement progresser l’équité et la justice sociale de demain.
À propos de l’Université de l’Ontario français
L’une des six universités publiques desservant le Grand Toronto, l’Université de l’Ontario français (UOF) se distingue comme une institution d’avant-garde œuvrant entièrement en français. Guidée par une vision novatrice, l’université déploie des programmes d’étude résolument transdisciplinaires et axés sur des secteurs cruciaux de l’économie moderne : l’enseignement, la gestion et le leadership, les communications et cultures numériques, la santé mentale, la justice sociale, ainsi que l’écologie humaine.