La relève francophone s’est une nouvelle fois illustrée à Toronto lors de la grande finale du concours d’art oratoire du Club Richelieu du Grand Toronto le 22 mai dernier. Mais au-delà des performances remarquées de l’édition 2026, les regards sont déjà tournés vers un rendez-vous symbolique : la 50e édition du concours, prévue en 2027. Un anniversaire qui s’annonce comme un moment clé pour cet événement phare de la francophonie scolaire.
Depuis près d’un demi-siècle, le concours d’art oratoire du Club Richelieu s’impose comme une tribune essentielle pour les élèves francophones de la région. Destiné principalement aux élèves de 7e et 8e année, il leur permet de développer des compétences fondamentales : s’exprimer à l’oral, structurer une pensée, défendre une idée et prendre la parole en public.
« C’est la relève de la francophonie. C’est d’être capable de permettre à des jeunes de s’exprimer, de dire ce qu’ils pensent, de s’ouvrir au monde », souligne Michel Tremblay, membre du Club Richelieu et organisateur du concours d’art oratoire. Dans un contexte minoritaire comme celui de la francophonie ontarienne, cette mission prend tout son sens.
Le concours repose sur trois grandes catégories : le discours, où les élèves présentent un texte original ; l’expression dramatique, qui consiste à interpréter une œuvre existante ; et, plus récemment, la mise en scène, une catégorie introduite pour refléter les nouvelles formes d’expression des jeunes . Cette évolution témoigne d’une volonté d’adapter le concours aux réalités et aux intérêts des élèves d’aujourd’hui.
Retour sur une 49e édition inspirante
La 49e grande finale, tenue le 22 avril 2026 à l’Agora de l’Université de l’Ontario français, a rassemblé des élèves issus de plusieurs écoles secondaires francophones de la région. Le niveau des prestations a une fois de plus impressionné le jury et le public.
Parmi les lauréats, Lucas Hulin-de Chaillé, de l’École St-Frère-André, s’est distingué dans la catégorie discours, tandis qu’Adam Schneider, de l’École Michelle-O’Bonsawin, a remporté les honneurs en expression dramatique. Du côté de la mise en scène, l’équipe de l’École Mgr-de-Charbonnel a su convaincre avec une prestation collective remarquée .
Pour les participants, l’expérience va bien au-delà de la compétition. Lucas, par exemple, a choisi un sujet philosophique original pour son discours : « l’œuf ou la poule », une réflexion née en classe et développée au fil de discussions avec ses camarades et son enseignante . Habitué à la scène grâce au théâtre, il explique avoir abordé l’exercice avec confiance, mettant à profit ses compétences d’interprétation.
De son côté, Adam Schneider a mis en valeur toute la richesse du texte L’Ogrelet, en explorant la dualité du personnage. « Je trouve que ça rendait le processus beaucoup plus amusant, c’était un texte très intéressant et très amusant à mémoriser et à jouer » . Une approche qui illustre bien la diversité des formes d’expression encouragées par le concours.
Cap sur 2027 : une 50e édition symbolique
Si l’édition 2026 a confirmé la vitalité du concours, c’est surtout la prochaine qui suscite déjà l’enthousiasme. La 50e édition, prévue en 2027, marquera un jalon important dans l’histoire du concours. Un anniversaire qui sera l’occasion de mettre en lumière l’évolution du concours, mais aussi son impact sur plusieurs générations de jeunes francophones.
Au fil des années, le concours a su se transformer : ajout de nouvelles catégories, adaptation des formats, encouragement du travail d’équipe. Cette capacité d’innovation devrait être au cœur des célébrations de 2027, avec l’objectif de proposer une édition encore plus inclusive et représentative des talents actuels.
L’événement pourrait également servir de vitrine pour rappeler l’importance de soutenir la francophonie en milieu minoritaire. En donnant une voix aux jeunes, le concours contribue à renforcer leur sentiment d’appartenance et à valoriser la langue française dans leur quotidien.
Une plateforme pour construire l’avenir
Au-delà de la compétition et des prix remis — 100 $ pour les gagnants, 50 $ pour les finalistes — le concours d’art oratoire joue un rôle structurant dans le parcours des élèves. Il leur offre une première expérience de prise de parole publique, souvent déterminante dans leur confiance en eux.
En approchant de son 50e anniversaire, le concours confirme sa pertinence et son importance dans le paysage éducatif et culturel francophone de Toronto. Plus qu’un simple événement, il s’inscrit comme un véritable outil de transmission, de valorisation et d’engagement.
Et si la prochaine édition promet d’être festive, elle sera surtout l’occasion de rappeler une évidence : la francophonie de demain se construit dès aujourd’hui, sur scène, dans la voix et dans les idées de ces jeunes orateurs.
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Mike Laviolle – Grand Toronto – IJL