À l’approche possible d’une campagne électorale fédérale, le Fonds canadien de la radio communautaire (FCRC) lance une nouvelle offensive pour sensibiliser les élus à l’importance des radios communautaires, autochtones et de campus. Baptisée Initiative pour les radios communautaires (IRC), la campagne vise à rappeler le rôle essentiel de ces stations dans la vie locale, tout en réclamant un soutien financier stable pour assurer leur pérennité.
Selon les documents de présentation de l’initiative, celle-ci cherche à « renforcer les médias locaux canadiens grâce à la radio communautaire » et à répondre à l’urgence d’un appui gouvernemental durable. Le message est clair : au-delà de la diffusion musicale, ces stations sont des lieux de proximité qui portent les voix locales, valorisent la culture des communautés et assurent un accès continu à une information de première importance.
Une campagne pour interpeller les députés
L’Alliance des radios communautaires du Canada (ARC du Canada) endosse la démarche et encourage ses membres ainsi que leurs réseaux à y participer directement en envoyant une lettre au député de leur circonscription (facile à faire en cliquant ici). L’objectif est d’inviter le plus grand nombre possible d’acteurs du milieu à écrire à leur député ou députée afin de mieux faire comprendre les réalités du secteur, alors qu’un déclenchement électoral pourrait survenir dans les prochaines semaines ou, au plus tard, dans les prochains mois.
Le site de la campagne, monirc.ca, met d’ailleurs à la disposition du public un modèle de lettre préécrite que chacun peut personnaliser avant de l’envoyer à son représentant élu. Le fonctionnement se veut simple : il suffit d’entrer son nom et son code postal pour identifier son député, copier les adresses courriel proposées puis personnaliser le message avant l’envoi.
Un financement réclamé à Ottawa
Derrière cette mobilisation se trouve une demande budgétaire bien précise. L’Initiative pour les radios communautaires s’appuie sur un objectif de financement annuel de 30 millions de dollars pour renforcer les stations communautaires, autochtones et universitaires sous licence. Une partie de cette somme serait déjà appelée à provenir des diffuseurs numériques, dans la foulée des changements apportés à la Loi sur la radiodiffusion.
Toujours selon le document de campagne, six millions de dollars devraient venir des diffuseurs numériques d’ici 2026. Le secteur réclame maintenant que les 24 millions restants soient intégrés au budget fédéral. Les promoteurs de l’initiative estiment qu’un tel financement pourrait transformer durablement la radio communautaire au pays, notamment en sécurisant l’accès aux nouvelles locales et à l’information essentielle.
Un enjeu plus large pour les médias communautaires
Cette nouvelle campagne s’inscrit dans un contexte plus large de représentation politique menée par les acteurs des médias communautaires en situation minoritaire. En parallèle de l’IRC, le Consortium des médias communautaires de langues officielles en situation minoritaire, dont plusieurs radios font partie, poursuit ses démarches auprès des élus sur la question de la publicité gouvernementale fédérale.
Le Consortium souhaite l’établissement de directives claires afin de garantir un seuil minimal de placements publicitaires fédéraux dans les médias communautaires de langues officielles en situation minoritaire. Selon les informations transmises aux membres, les discussions en cours sur ce dossier seraient déjà à un stade avancé et jugé encourageant.
Faire entendre la voix du secteur
Dans ce contexte, l’appel lancé aux stations et à leurs appuis prend une portée stratégique. Le secteur veut arriver en période électorale avec un message clair, porté à la fois par ses organismes nationaux et par ses membres sur le terrain. En encourageant les intervenants à écrire directement à leurs élus, l’IRC mise sur une mobilisation décentralisée pour montrer que l’enjeu dépasse le seul financement des stations : il touche aussi la vitalité démocratique, culturelle et linguistique des communautés qu’elles desservent.
Pour les promoteurs de l’initiative, il s’agit donc de redoubler d’efforts pour défendre un secteur jugé indispensable à la diversité médiatique canadienne. Et, à leurs yeux, chaque voix ajoutée à cette campagne peut contribuer à faire avancer le dossier auprès d’Ottawa.
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