Réunir la communauté pour réfléchir à l’avenir du français en Ontario, tout en accordant une place importante aux réalités des nouveaux arrivants : c’était l’un des objectifs de l’étape mississaugaise de la consultation des États généraux de l’Ontario français, organisée mercredi 15 avril par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).
Lancée en 2025, la démarche des États généraux de l’Ontario français veut permettre à la communauté franco-ontarienne de prendre un temps d’arrêt, de faire le point sur ses transformations et de réfléchir collectivement à son avenir. L’AFO y agit comme rassembleuse et facilitatrice, dans un processus qui mise sur le dialogue, l’écoute et la participation des communautés aux quatre coins de la province.
À Mississauga, Peter Hominuk, directeur général de l’AFO, a rappelé que la démarche est entrée dans sa phase de coconstruction. Après une première étape consacrée à dresser un portrait de la situation, l’organisation mène maintenant une tournée dans 25 à 30 communautés afin de recueillir des idées, des constats et des pistes de solution directement sur le terrain.
Les enjeux abordés sont nombreux : poids démographique, assimilation, accès aux services en français, identité franco-ontarienne, structures communautaires, mais aussi immigration et intégration. Pour Peter Hominuk, les réponses ne peuvent pas venir uniquement des grands centres. Il insiste sur le fait que ce sont les personnes qui vivent ces réalités au quotidien qui sont les mieux placées pour nourrir les décisions appelées à orienter l’avenir de la francophonie ontarienne.
À Mississauga, créer un espace pour se faire entendre
Cette étape locale était aussi portée par le Cercle de l’amitié de Mississauga. Sa directrice générale, Shelly Howe, a expliqué qu’il était important de donner une voix à la communauté francophone de la région et de créer un espace où les gens peuvent se rassembler, échanger et parler ouvertement de leurs réalités.
Selon elle, la soirée ne devait pas se limiter à une simple discussion. L’objectif était aussi de faire émerger des idées concrètes capables d’influencer les prochaines décisions pour la francophonie en Ontario.
Pour le Cercle de l’amitié, accueillir ce type de rencontre s’inscrit pleinement dans sa mission : offrir un lieu de rassemblement où les francophones peuvent s’exprimer, se reconnaître et sentir qu’ils participent à quelque chose de plus grand qu’eux.

L’immigration comme enjeu central
Parmi les thèmes ressortis de la consultation, la place des nouveaux arrivants a occupé une attention particulière. Peter Hominuk l’a souligné : les questions d’immigration, d’intégration et d’identité figurent parmi les priorités des États généraux. L’une des grandes interrogations est de savoir comment faire en sorte que les nouveaux arrivants francophones se sentent pleinement inclus dans la communauté franco-ontarienne.
Le Dr Emmanuel Prodjinoto, nouvel arrivant francophone présent sur place, a expliqué être venu pour rencontrer la communauté francophone et mieux comprendre comment les services sont offerts en français. « Aujourd’hui, j’ai surtout voulu voir comment, en tant que nouveau arrivant francophone, je peux aisément m’intégrer dans la communauté », a-t-il confié.
À l’issue de la soirée, il s’est dit satisfait, notamment parce qu’il a constaté qu’il existe dans la communauté des personnes et des organismes mobilisés pour aider les familles à s’installer.
Son témoignage nuance toutefois ce constat positif. Selon lui, si les services communautaires répondent présents, le principal obstacle demeure souvent l’emploi, un domaine où l’anglais reste largement dominant. Même avec des compétences et de l’expérience, plusieurs francophones peuvent ainsi se heurter à cette barrière dans leur parcours d’intégration.
Des idées locales pour nourrir la suite
La consultation de Mississauga n’était qu’une étape d’une tournée plus vaste. Les contributions recueillies dans les différentes communautés doivent alimenter un livre blanc attendu à l’automne, lequel regroupera les constats et les pistes de solution proposées à travers la province.
À travers cette démarche, l’AFO cherche à bâtir un avenir pensé par et pour les communautés. Et à Mississauga, cette volonté s’est notamment exprimée autour d’un enjeu incontournable pour l’Ontario français d’aujourd’hui : la capacité d’accueillir, d’intégrer et de faire une place durable aux nouveaux arrivants francophones.
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Mike Laviolle, Initiative de journalisme local – GrandToronto.ca