Mars, le mois où la francophonie fait du bruit à Toronto

Par Nathalie Salmeron

Le 1er mars marque le début du Mois de la Francophonie. Un mois pour célébrer la langue française, sa culture, sa diversité… et surtout, celles et ceux qui la font vivre au quotidien.

Dans le monde, on parle de plus de 300 millions de francophones répartis sur les cinq continents, réunis notamment au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie. Mais ici, à Toronto, la francophonie prend un visage bien particulier. Elle est minoritaire, plurielle, vibrante — et profondément résiliente.

Être francophone à Toronto, ce n’est pas seulement parler français à la maison. C’est faire le choix de vivre sa langue dans un environnement majoritairement anglophone. C’est inscrire ses enfants à l’école francophone. C’est chercher des services en français. C’est assister à des spectacles, encourager des artistes, fréquenter des organismes communautaires qui travaillent d’arrache-pied pour maintenir cet espace vivant.

Le Mois de la Francophonie, ce n’est donc pas qu’une célébration symbolique. C’est un rappel. Un rappel que notre langue a sa place ici. Qu’elle est officielle en Ontario. Qu’elle mérite d’être entendue, protégée, valorisée.

À Toronto et dans la région, ce mois est ponctué d’activités culturelles, de projections, de spectacles, de rencontres littéraires, d’événements scolaires et communautaires. C’est l’occasion pour les francophones de se rassembler — mais aussi pour les francophiles et les curieux de découvrir la richesse d’une culture qui dépasse largement les frontières du Québec ou de la France.

Parce que la francophonie torontoise est diverse. Elle est ontarienne, québécoise, africaine, caribéenne, européenne, moyen-orientale. Elle est portée par des accents différents, des parcours d’immigration variés, des générations qui se croisent. Elle est multiple, et c’est ce qui fait sa force.

Dans un contexte où les enjeux linguistiques sont bien réels — accès aux services, financement des organismes, visibilité médiatique — ce mois prend une dimension encore plus importante. Il devient un moment d’affirmation collective.

Célébrer la francophonie, ce n’est pas s’isoler. Au contraire. C’est contribuer à la diversité culturelle de Toronto. C’est enrichir le tissu social de la ville. C’est rappeler que le bilinguisme canadien ne s’arrête pas aux frontières du Québec.

Et surtout, c’est transmettre.

Transmettre à nos enfants la fierté de parler français. Transmettre à nos voisins la curiosité d’apprendre quelques mots. Transmettre à la prochaine génération le goût de continuer à faire vivre cette langue ici, chez nous.

Alors pendant tout le mois de mars, profitons-en. Sortons. Participons. Encourageons nos artistes et nos organismes. Parlons français un peu plus fort. Un peu plus fièrement.

Parce qu’à Toronto, être francophone, ce n’est pas anodin. C’est un engagement. Et en mars, plus que jamais, on le célèbre.

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