Écoles sûres, avenir solide : la Semaine nationale de la sécurité scolaire tire la sonnette d’alarme

Par Programmation

Alors que les élèves du pays reprennent le chemin de l’école, un constat préoccupant s’impose : les milieux scolaires canadiens ne sont plus les havres de sécurité qu’ils devraient être. À l’occasion de la Semaine nationale de la sécurité scolaire, du 17 au 23 octobre, le Conseil canadien de la sécurité invite les parents, les éducateurs et les décideurs à unir leurs efforts pour enrayer une montée inquiétante de la violence, tant à l’école que sur les plateformes numériques.

« Chaque enfant mérite d’apprendre dans un environnement où il se sent en sécurité, respecté et soutenu », rappelle Gareth Jones, président et directeur général du Conseil. « Lorsque les écoles, les familles et les collectivités travaillent de concert, nous pouvons prévenir la violence avant qu’elle ne se produise et instaurer une culture de la sécurité qui permet aux élèves de s’épanouir. »

Un phénomène en hausse alarmante

Les chiffres récents dressent un portrait troublant. Près d’un élève sur trois affirme avoir été victime d’intimidation, soit le taux le plus élevé jamais observé au pays. Le phénomène s’étend désormais bien au-delà des cours d’école : un élève sur quatre déclare avoir subi du harcèlement en ligne au cours des deux derniers mois, et trois jeunes sur dix disent avoir été touchés par la cyberintimidation.

Mais le problème dépasse la simple intimidation. Selon les plus récentes données, les crimes violents commis par des jeunes ont augmenté de 10 % en 2023. En Ontario, la situation est particulièrement préoccupante : près d’un tiers des enseignants rapportent avoir été agressés physiquement par un élève. À Toronto, le nombre d’incidents violents dans les écoles a bondi de 67 % en cinq ans, tandis que les signalements à l’échelle provinciale ont augmenté de 77 % depuis 2018. Ces statistiques traduisent un malaise profond et un besoin urgent de repenser la prévention et la gestion des conflits en milieu scolaire.

Prévenir avant de guérir

Pour le Conseil canadien de la sécurité, la solution passe par une approche collective et concertée. Les écoles, les familleset les communautés doivent travailler main dans la main pour créer des environnements bienveillants et prévenir les comportements à risque avant qu’ils ne dégénèrent.

L’organisme propose quatre mesures simples mais essentielles pour agir dès maintenant :

  1. Faciliter le signalement. Les enfants doivent savoir à qui s’adresser lorsqu’ils ne se sentent pas en sécurité. Les écoles ont intérêt à mettre en place des mécanismes confidentiels et accessibles pour recueillir les signalements sans crainte de représailles.
  2. Surveiller la vie en ligne. Les parents peuvent jouer un rôle clé en fixant des limites raisonnables à l’usage des écrans, en discutant des comportements respectueux sur Internet et en encourageant leurs enfants à conserver des preuves en cas de cyberharcèlement.
  3. Montrer l’exemple. Les adultes sont des modèles. Apprendre aux jeunes à résoudre les désaccords avec calme, à utiliser des mots clairs et à demander l’aide d’un adulte sont des gestes simples qui renforcent la culture du respect.
  4. Assurer un suivi. Derrière chaque acte de violence se cachent souvent des signaux d’alerte : changements d’humeur, isolement, baisse de motivation. En restant attentifs et en offrant du soutien aux victimes, aux témoins et même aux agresseurs, on favorise la guérison et la responsabilisation.

Un appel à la solidarité

La Semaine nationale de la sécurité scolaire se veut un moment de réflexion et d’action. Les défis sont nombreux, mais la solution réside dans la collaboration. Parents, enseignants, directions d’école et décideurs ont tous un rôle à jouer pour que les établissements scolaires redeviennent des espaces d’apprentissage sûrs et bienveillants.

« La sécurité n’est pas seulement l’absence de violence, c’est aussi la présence de respect, d’écoute et d’empathie », rappelle Gareth Jones. En unissant nos forces, le message du Conseil canadien de la sécurité est clair : aucun enfant ne devrait craindre d’aller à l’école. Ensemble, il est possible de bâtir un avenir où la sécurité scolaire rime avec bienveillance, confiance et réussite.

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