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Mois de la santé au travail : Entrevue avec Jephtée Elysée, directrice générale associée du Conseil Économique et Social d’Ottawa-Carleton

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Aujourd’hui nous accueillons une figure de la lutte pour la diversité et l’équité des populations canadiennes Ontariennes, en l’occurrence, Jephtée Elysée, directrice générale associée du Conseil Économique et Social d’Ottawa-Carleton (CÉSOC).

Question : suite aux conséquences néfastes de la crise sanitaire sur les populations les plus vulnérables, vous avez défendu votre passion pour l’équité sociale, une équité qui doit être mise au service du développement économique de la Ville d’Ottawa, à travers ses communautés et cela dans toutes leurs diversités : le mois de la santé au travail se voulait souligner l’apport de ces acteurs majeurs d’une société canadienne plus soucieuse de sa diversité. C’est cette prise en compte qui permet d’harmoniser les relations professionnelles où plusieurs individus, d’horizons différents, sont amenés à travailler ensemble.

A votre avis que faudrait-il pour qu’une ville comme Ottawa inspire confiance aux immigrants francophones qui souhaitent s’y installer, quand on sait à quel point la confiance est un facteur important dans la santé mentale des travailleurs ?

Jephtée Elysée : il est vrai que la confiance est un facteur important dans la santé mentale des travailleurs. Pour inspirer la confiance aux immigrants, une ville doit être accueillante. Les nouveaux arrivants doivent se sentir bien accueillis et avoir une intégration réussie. Les immigrants doivent développer à long terme un sentiment d’appartenance à cette ville, ce qui veut dire qu’ils doivent se sentir chez eux.

La bonne nouvelle est que les villes n’ont pas à réinventer la roue car plusieurs chercheurs académiques se sont déjà penchés sur la question, à savoir comment rendre une collectivité accueillante. Je pense notamment au rapport de recherche publié en 2010 par Esses et autres, intitulé « Caractéristiques d’une collectivité accueillante », qui a relevé 17 caractéristiques d’une collectivité accueillante. Classées par ordre d’importance, elles sont :

  1. Possibilités d’emploi
  2. Promotion du capital social
  3. Logement abordable et adéquat
  4. Attitude positive à l’égard des immigrants, de la diversité culturelle et de la présence de nouveaux arrivants dans la collectivité
  5. Présence d’organismes au service des nouveaux arrivants en mesure de répondre efficacement aux besoins de ces derniers
  6. Liens entre les principaux intervenants qui travaillent à l’établissement de collectivités accueillantes
  7. Caractéristiques et services municipaux adaptés aux nouveaux arrivants
  8. Possibilités d’études
  9. Soins de santé convenables et faciles d’accès
  10. Transport en commun existant et facile d’accès
  11. Présence d’organisations religieuses diversifiées
  12. Possibilités de participation à la vie sociale
  13. Possibilités de participation à la vie politique
  14. Relations positives avec la police et le système juridique
  15. Sécurité
  16. Possibilités d’utilisation des espaces publics et des installations de loisir
  17. Couverture médiatique et représentation favorables

C’est une liste assez exhaustive mais tout de même qui offre des bonnes pistes de réflexion et d’actions concrets pour être une ville accueillante, et ainsi inspirer confiance aux immigrants francophones.

Question : la crainte de compressions budgétaires liées à la crise du coronavirus pèse sur les services que vous offrez aux nouveaux immigrants francophones. Avez-vous le sentiment de vivre cette compression budgétaire et s’est-elle traduite par une réduction du soutien et des services offerts à ces derniers ? Pouvez-vous nous offrir un aperçu de ces services ?

Jephtée Elysée : En tant qu’organisme communautaire, les pressions budgétaires ont toujours fait parti de nos quotidiens, de plus en plus, à chaque année, car les besoins des clients augmentent et les subventions octroyées aux organismes ne reflètent pas cette réalité. De plus, comme vous aviez mentionné, s’ajoutent au sous-financement, les pressions reliées à la crise du COVID-19, et ce n’est pas évident.

Le client est au cœur de notre organisme donc malgré les compressions budgétaires, au CÉSOC nous nous efforçons à ce que ça ne se traduit que rarement par une réduction au soutien ou services offerts aux clients. Pour ce faire, nous sommes souvent appelés à innover et trouver des nouvelles approches pour servir la clientèle. De plus, il faut dire que nous avions une équipe exceptionnelle qui, le plus souvent, va au-delà de leurs fonctions pour accompagner les clients et assurer leur intégration réussie. Ceci est d’ailleurs reflété dans un de nos trois pôles stratégiques de notre plan stratégique, nouvellement adopté : « Notre offre active : être l’organisme actif et incontournable qui apporte une valeur ajoutée à chaque personne cliente et à l’évolution des services en immigration francophone ».

Question : au lendemain de la crise sanitaire, faut-il craindre une remise en cause du mode de fonctionnement classique de vos services ? En somme, vous oblige-t-elle à offrir les services d’aide aux ainés, aux refugiés et aux nouveaux immigrants en ligne par les plateformes Zoom, Microsoft teams ou encore Googlemeet ? Est-ce qu’elle conduit à repenser l’aide offerte aux immigrants en subventionnant l’acquisition d’un ordinateur, d’internet ainsi que la formation à distance sur l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication ?

Jephtée Elysée : absolument ! Comme toute entreprise et organisme, nous avions dû offrir nos services en ligne lors de la pandémie, grâce aux plateformes mentionnées. Nous continuons d’adopter un modèle hybride car même lorsqu’on avait dû adopter ces modèles de livraison de service à cause de la pandémie, il est maintenant évident que c’est le modèle hybride qui nous permet de mieux répondre aux besoins des clients. Donc je crois que le modèle hybride est là pour rester.

Toutefois, le modèle hybride présente des défis additionnels et nécessite des ressources financières pour l’implémenter convenablement. Le plus gros défi à l’interne est d’avoir l’infrastructure technologique pour la livraison de services en hybride. Le deuxième est ce que vous aviez mentionné, c’est d’équiper et former les clients. Sur ce 2e point, je suis fière de dire qu’on a fait du progrès. Maintenant, la majorité de nos ainés peuvent utiliser une tablette pour se connecter sur Zoom et participer à leurs activités. Pour être passée personnellement à travers ce processus d’apprentissage avec mes grands-parents, je dis chapeau à notre équipe de « vieillir en santé » !

Question : quel est le message d’encouragement que vous souhaitez adresser aux francophones qui sont aux prises avec des difficultés de recherches d’emplois, de logements et de statuts d’immigrants ?

 Jephtée Elysée : vous n’êtes pas seuls. Les difficultés existent, mais il y a aussi des solutions. Il y a des organismes qui sont là pour vous accompagner et vous aider à trouver les meilleures solutions pour vous, il ne faut pas hésiter à les approcher. Le CÉSOC est au service des immigrants francophones depuis plus de 25 ans et nous avions accompagné des milliers de personnes, comme vous, dans leur parcours d’intégration réussie et nous pouvons vous accompagner aussi.

Une entrevue réalisée par Sianko Sambou.

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