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Firdaus Shallo, jeune leader: restreindre l’enseignement du français compromettra l’avenir professionnel des politiciens en herbe

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Est-ce que les contraintes budgétaires découlant de la crise du COVID-19 auront raison des cours de français et des programmes d’immersion française à l’élémentaire dans les écoles du Conseil scolaire public anglais de Toronto (TDSB)?   Pourquoi est-ce que cette démarche a été envisagée? Comment réagit la jeunesse? Eléments de réponse avec Firdaus Shallo , élève-conseillère de 2020-2021 pour le Toronto District School Board, tente d’y répondre.

Entrevue par Prasith Wijeweera

 

Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter brièvement? Qu’est-ce qui vous a motivé à vous positionner comme étudiante-conseillere?

Je m’appelle Firdaus Shallo et je suis une élève de 12e année qui a toujours eu une passion pour la sensibilisation communautaire et la défense des intérêts des étudiants. J’ai toujours été un membre actif de ma communauté. En apprenant qu’il existe un poste qui me permettra d’affiner mes compétences en leadership, je n’ai pas hésité à tendre la main et à voir si ce rôle m’était destiné. J’ai parlé à l’ancienne élève conseillère du TDSB, Ivy Deng, pour avoir un aperçu du rôle. J’ai instantanément su que ce poste serait l’occasion d’utiliser ma passion et ma motivation pour créer le changement nécessaire dans la communauté scolaire du TDSB. 

Que pensez-vous du fait que le Toronto District School Board contemple la suppression de l’enseignement du français à l’automne en raison de défis d’ordre financier?

J’ai lu des conversations sur cette proposition sur Twitter, et de nombreux Francophones de Toronto trouvent cela irrespectueux envers les communautés francophones de la province de l’Ontario et du Canada. D’après ce que j’ai compris, le français est une langue officielle (ndlr: du Canada) – ce qui veut dire que c’est une langue que les gens doivent connaître pour travailler dans différents secteurs pour faire avancer notre économie nationale. De plus, en tant qu’ étudiante qui a hâte de passer le français de 11e / 12e année à venir, je suis complètement désemparée sachant qu’il existe une possibilité que je ne puisse pas apprendre cette langue. Cela mettra fin à mon parcours dans la politique canadienne et, en fin de compte, à la main-d’œuvre de demain, car de nombreux étudiants seront potentiellement privés de la possibilité d’apprendre la langue officielle du Canada.

Si le conseil scolaire décide de mettre en œuvre ce plan, quel en sera l’impact, selon vous, sur la qualité de l’éducation que vous et vos pairs recevrez à partir de l’automne prochain? 

Si le TDSB décide d’aller de l’avant avec ce plan, la qualité de l’éducation continuera à décliner. Les classes seront plus grandes, les élèves ne s’intéresseront pas à ce qu’ils prennent, les distractions impacterons négativement sur le processus d’apprentissage et la listene s’arrête pas là. Dans l’ensemble, cette proposition s’accompagne de nombreux problèmes sous-jacents auxquels le TDSB n’est pas préparé.

Auriez-vous des suggestions à faire au conseil scolaire ?

Je crois que si le TDSB ne peut pas planifier un retour à l’école en toute sécurité, il n’est pas sage de laisser les élèves aller à l’école à l’automne et recevoir recevoir une éducation médiocre. Les étudiants d’aujourd’hui en valent la peine, et investir dans un programme approprié nous permettra, en tant qu’étudiants, d’exceller dans un avenir proche. De plus, je ne sais pas comment la mise en œuvre d’un programme à l’école empêchera la propagation du virus lorsque les enfants ne peuvent manifestement pas se débrouiller seuls. Je ne pense pas que les priorités soient bien cernées et ma suggestion est de concevoir un meilleur programme (qui ne nous prive pas des compétences nécessaires) ou de ne relancer les cours en présentiel, dans les salles de classe.

Pensez-vous que l’enseignement du français est important pour les élèves anglophones de Toronto? Si oui, pourquoi? 

Investir dans l’éducation, en particulier dans la langue  française, créera une main-d’œuvre plus brillante et une meilleure économie. C’est une notion économique de base. Si un étudiant à Toronto souhaite se préparer à une carrière en politique, que ce soit au sein du gouvernement ou dans une entreprise internationale, le français sera très probablement une exigence. Le fait de retirer une compétence et une langue essentielle aux étudiants  les éloigne de leurs potentiels professionnels et laisse sous-entendre, à tort, que la langue française ne mérite pas d’une considération comparable à   la langue anglaise.

Comment les élèves qui s’inquiètent de ces changements peuvent-ils exprimer leurs préoccupations, selon vous?

Il y a plusieurs façons d’exprimer ses préoccupations au conseil scolaire. Ma stratégie de choix consiste à utiliser les médias sociaux. Les médias sociaux sont un outil puissant capable de générer des mouvements impliquant des milliers de personnes du jour au lendemain. D’autres façons de faire entendre votre voix comprennent: tendre la main aux élèves et aux administrateurs adultes, tendre la main au conseil estudiantin de votre conseil scolaire, tendre la main à votre député ou à une personnalité politique communautaire, organiser des pétitions et ( COVID oblige!) des rassemblements en ligne. 

 

https://youtu.be/P4Q_7uCWzLk

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