Caribana : d’hier à aujourd’hui, sur les traces du plus grand festival caribéen du Canada

Par Corinne Windmoller

Ce week-end marque le début des festivités de Caribana, le plus grand festival caribéen d’Amérique du Nord. Des couleurs vives déferlent dans les rues, soca, reggae et calypso envahissent rooftops comme undergrounds et Toronto ne jure plus que par les danses spectaculaires qui prennent d’assaut ses trottoirs.

Chaque année, ce carnaval s’inscrit au cœur de la ville et entraîne des milliers d’habitants et de visiteurs dans sa folle farandole. Défilés, concerts et spectacles de rue sont immanquablement au rendez-vous, et admiration, ravissement et enchantement ne sont jamais très loin !

Photo : CaribanaToronto

Hier : d’où vient donc Caribana ?

Répondant présent tous les étés depuis 1967, Caribana est avant tout un géant de la culture caribéenne. La Ville-Reine l’accueille à bras ouvert, et, lorsque enfin arrivent les mois chauds, elle attend son retour avec impatience. Mais pourquoi les Caraïbes, pourquoi 1967, et pourquoi Toronto ?

Des origines politiques autour de l’identité et du partage

Il faut savoir que dans les années 1960, la vie n’était pas toujours rose pour les différents groupes culturels de Toronto, et que de nombreux immigrant.e.s et habitant.e.s antillais souffraient de politiques discriminatoires. Le premier Caribana a permis aux nations caribéennes du pays de s’épanouir, de revendiquer leur identité ainsi que d’accéder à différentes opportunités financières.

Clôturant le mois de juillet et débutant le mois d’août, il est important de noter que le carnaval coïncide avec le Jour de l’émancipation, ayant lieu le premier lundi d’août, et commémore ainsi l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique.

En revanche, l’année 1967 précisément marque le premier centenaire du Canada, soit les 100 ans écoulés depuis la mise en place de la Confédération. Pour célébrer cet anniversaire plutôt spécial, la communauté caribéenne locale posa les premières bases du carnaval, souhaitant du même coup créer un lieu de rencontres et d’échanges pour la diaspora caribéenne.

Caribana fut aussi né d’un désir peut-être même plus profond : celui de partager les riches cultures de Trinité-et-Tobago ainsi que des Caraïbes, et de sensibiliser une population d’ascendance majoritairement européenne à leurs beautés. Le carnaval eut un succès tel que le maire de Toronto, William Dennison, en fit un événement annuel.

Photo : Jack Dobson, 1977 : The Globe and Mail

Aujourd’hui : à quoi s’en tenir ?

Se réinventant chaque année, le carnaval a définitivement changé la définition du mot « surprise » : l’on s’entend à une célébration incroyable, mais jamais à des festivités aussi grandioses. Cette année en particulier semble revêtir un tout nouveau vêtement, celui-ci non moins brillant que les précédents.

Plus de 20 activités pour 4 jours et 4 nuits

C’est une programmation audacieuse et sensationnelle qu’offre la 59e édition de Caribana, et seuls les témoins pourront en croire leurs yeux ! Du jeudi 30 juillet au dimanche 2 août, sous les étoiles et au soleil, mascarades éclatantes et spectacles inédits sont tout ce qui compte.

Photo : CaribanaToronto

Les clous du programme :

  • La Grande Parade – Les rues de Toronto n’attendent qu’elle pour se transformer en une scène improvisée où défilent danseurs, musiciens et costumes de toutes tailles et de toutes teintes. C’est un cortège de sons et de formes, c’est une ribambelle de couleurs chatoyantes et d’étincelles, c’est un rêve fou qui prend vie ! Un événement surtout apprécié des familles, indispensable pour en apprendre plus sur les cultures caribéennes comme pour s’en mettre plein les yeux !
Photo : CaribanaToronto
Informations pratiques

: le long de Lakeshore Boulevard et d’Exhibition Place.

Quand : le samedi 1 août, de 8h00 à 20h00.

Coût : Gratuit.

  • Vitrine de Roi et de Reine – Lorsque la nuit tombe et se lèvent les étoiles, les chefs de groupes de Caribana Mas Bands dominent tour à tour la scène en paradant dans des costumes somptueux. Cet impressionnant défilé est en fait une compétition : à la fin de la soirée, un jury attentif décernera les titres de Roi et de Reine aux porteurs et porteuses des costumes les plus raffinés, ayant respecté le thème de la parade et donné leur meilleure prestation !
Photo : CaribanaToronto
Informations pratiques

: Stade Allan A. Lamport; 1155, rue King Ouest, Toronto

Quand : le jeudi 30 juillet, de 17h00 à 22h00.

Coût : à partir de 60$.

  • Compétition de Steelband – Les rues de Toronto bourdonnent et attendent avec impatience que commence le plus grand concours de steelband du pays. Percussions caribéennes, jeux de steel drum et réputations de virtuoses sont au rendez-vous pour tenter de remporter le prix de Meilleur Steel Band. Un orchestre venant tout droit de Trinité-et-Tobago sera même présent pour le grand soir…
Photo : CaribanaToronto

Informations pratiques

: Stade Allan A. Lamport; 1155, rue King Ouest, Toronto

Quand : le samedi 31 juillet, de 19h00 à 00h00.

Coût : les prix varient de 0$ à 90$, et l’entrée est gratuite pour les moins de 5 ans.

Un héritage flamboyant se déploie sous vos fenêtres, avec des activités pour petits et grands, fêtards et amateurs de beauté, pour rassembler toutes les communautés de Toronto autour d’un seul mot : Caribana.

Pour plus d’informations sur ce carnaval, consultez ici la page officielle de Caribana ! N’hésitez pas non plus à jeter un coup d’œil à notre rubrique d’événements pour les derniers détails.

Écrit par Bonnie Brunel-Thouret.

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