Métro de Toronto : Hitachi décroche un contrat pour moderniser la ligne 2 et augmenter sa capacité de 40 %

Par Patrick Bizindavyi

Les usagers de la ligne 2 Bloor-Danforth peuvent enfin entrevoir le bout du tunnel. La Commission de transport de Toronto (CTT) vient d’octroyer un contrat de 402 millions de dollars à la division canadienne d’Hitachi Rail pour remplacer le système de signalisation désuet de la ligne par une technologie de pointe. À la clé : des trajets plus rapides, moins de retards et une hausse massive de la capacité du réseau.

Pour les quelque 500 000 Torontois qui empruntent quotidiennement la ligne 2, la frustration liée aux pannes de signalisation à répétition fait presque partie du quotidien. Le système de « cantonnement fixe » actuellement utilisé date de l’ouverture de la ligne en 1966.

Avec ce nouveau contrat, la CTT s’apprête à faire entrer la ligne Est-Ouest dans le XXIe siècle en y implantant le système de contrôle des trains basé sur les communications (CBTC), aussi appelé système de pilotage automatique des trains (ATC).

Une capacité accrue pour soutenir la croissance de Toronto

Une fois entièrement déployée, cette technologie permettra de suivre la position exacte des rames en temps réel et de réduire de façon sécuritaire la distance entre les métros.

Les retombées de ce projet sont majeures :

  • Capacité en hausse de 40 % : La ligne pourra transporter jusqu’à 33 000 passagers par heure en période de pointe, comparativement à 23 400 aujourd’hui.
  • Moins de retards : L’élimination des pannes de feux de signalisation traditionnels, qui plombent régulièrement le service.
  • Un service plus fréquent : Des rames plus rapprochées et une cadence optimisée.

« Nous faisons bouger Toronto en rendant le transport en commun plus rapide pour tout le monde. En modernisant la ligne 2, nous pourrons faire circuler plus de trains de manière plus fiable, tout en soutenant 200 emplois locaux. »

— Olivia Chow, mairesse de Toronto

Un retour aux sources pour la technologie d’Hitachi

Ironie du sort, cette technologie de classe mondiale — déjà implantée dans les métros de New York, Londres et Singapour — a été initialement conçue et développée… à Toronto.

« Aujourd’hui, notre invention revient à la maison. Il y a 50 ans, nous avons développé cette technologie ici avant de l’exporter. Elle revient maintenant là où tout a commencé », s’est réjoui Arnaud Besse, directeur général d’Hitachi Rail au Canada. L’entreprise compte d’ailleurs plus de 1 300 employés dans son centre d’expertise mondiale en signalisation urbaine situé à Toronto.

À quoi doivent s’attendre les usagers ?

Le chantier débutera dès cette année, mais une mise à niveau d’une telle envergure demande du temps et une planification rigoureuse. La première grande phase, consacrée à l’ingénierie et à la conception détaillée du système, s’étendra de 2026 à 2028. Ce nouveau système de signalisation équipera d’ailleurs la future extension de 7,8 kilomètres vers le nord-est, ajoutant trois nouvelles stations au réseau de Scarborough.

Pour maximiser l’efficacité de cette technologie de pilotage automatique (ATC), de nouvelles rames de métro commandées à Alstom entreront progressivement en service à partir de 2030. L’ensemble de l’installation se fera par phases successives, avec l’objectif d’un déploiement complet et d’une transition finale d’ici 2037.

Pour mener à bien les tests et l’installation, la CTT devra procéder à des fermetures partielles du métro durant certains week-ends ou en fin de soirée, à l’image de ce qui avait été fait pour la modernisation de la ligne 1. Les usagers devront donc s’armer de patience à court terme pour bénéficier d’un réseau nettement plus performant à moyen terme.

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